Le directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Vassogbo Bamba, a révélé ce jeudi 25 juin, lors de la deuxième édition des Journées nationales de la microfinance, à Abidjan, que le nombre de clients est passé de 2,5 millions à fin décembre 2025 à 2,9 millions au premier trimestre 2026, soit une progression de 14,3 %. L’épargne mobilisée s’élève à ce jour à 733,9 milliards de francs CFA (environ 1,22 milliard de dollars). Quant à l’actif net du secteur, il dépasse désormais 1 245 milliards de francs CFA (environ 2,08 milliards de dollars), soit une hausse de plus de 11 % en glissement annuel.
Au cours de ces journées, qui se tiennent du 25 au 26 juin autour du thème « La contribution des institutions de microfinance à l’inclusion financière et au développement de l’économie de la Côte d’Ivoire », le représentant du ministre Adama Coulibaly a souligné qu’au 31 mars 2026, la microfinance ivoirienne compte 45 systèmes financiers décentralisés, opérant à travers un réseau de 486 points de service sur l’ensemble du territoire national. Il précise cependant que, malgré cette embellie, « le secteur de la microfinance fait face à plusieurs défis qui portent, entre autres, sur la qualité du portefeuille de crédit et le renforcement des fonds propres, qui demeurent une priorité pour consolider la solidité du secteur ». Ces défis constituent, selon lui, des points d’attention majeurs qui orientent clairement la feuille de route des prochaines réformes en matière d’inclusion et de développement.
À en croire Elodie Koffi, présidente de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés de Côte d’Ivoire (APSFD-CI), les indicateurs financiers des leaders du secteur se sont améliorés, ce qui a rejailli sur l’ensemble du secteur, tant au niveau de l’activité qu’à celui de la rentabilité. « Ces indicateurs démontrent le poids significatif de ces institutions et témoignent du degré de confiance dont elles bénéficient », a-t-elle déclaré.
La présidente de l’APSFD-CI a également mis en évidence les efforts du gouvernement dans la réglementation du secteur, notamment l’adoption en Conseil des ministres de la nouvelle loi uniforme portant réglementation de la microfinance dans l’Union monétaire ouest-africaine. Elle a aussi salué la mise en place par la BCEAO de la plateforme interopérable des systèmes de paiement instantanés, l’opérationnalisation du baromètre national de satisfaction des usagers de services financiers, ainsi que l’adoption d’une convention collective sectorielle de la branche d’activité des systèmes financiers décentralisés.
Pour les acteurs du secteur de la microfinance, les perspectives sont prometteuses, à condition de relever ensemble les défis majeurs, à savoir consolider la gouvernance et la solidité financière des institutions, réussir la transition numérique et préserver la confiance ainsi que la protection des populations. Les Journées nationales de la microfinance sont, pour eux, l’occasion de renforcer l’inclusion financière afin d’améliorer l’accès aux services des personnes exclues du système bancaire classique.



