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Côte d’Ivoire : la société chinoise Sunda International chamboule l’industrie des savons et détergents depuis le Ghana

L’industrie ivoirienne de fabrication de savons et de détergents fait face à une concurrence accrue en provenance du Ghana. En effet, la société chinoise Sunda International, solidement implantée en Afrique, notamment au Ghana, pays membre de la CEDEAO, exporte massivement des produits finis tels que des détergents, des couches et des lessives, sur le territoire…

Illustration. DR

L’industrie ivoirienne de fabrication de savons et de détergents fait face à une concurrence accrue en provenance du Ghana. En effet, la société chinoise Sunda International, solidement implantée en Afrique, notamment au Ghana, pays membre de la CEDEAO, exporte massivement des produits finis tels que des détergents, des couches et des lessives, sur le territoire ivoirien. « Tant que l’ordonnance ivoirienne n°2013-662 du 20 septembre 2013 relative à la concurrence est respectée, rien n’interdit ces pratiques », affirme une source au ministère ivoirien du Commerce.

Cependant, la situation est loin de satisfaire les opérateurs locaux. Selon ces derniers, ces importations ghanéennes ne respectent pas la réglementation en vigueur. « Nos équipes se sont rendues à Noé, ville frontalière située dans la région du Sud-Comoé, les 15 et 16 juillet derniers. Elles y ont constaté un afflux massif de camions remorques transportant du savon en poudre de la marque Doffi, fabriqué au Ghana, à destination d’Abidjan », déclare un acteur.

Ces produits, une fois arrivés en Côte d’Ivoire, sont écoulés à des prix défiant toute concurrence au plan national. Dans des quartiers comme Treichville, Marcory et de Yopougon, on les trouve en vente dans presque chaque coin de rue à des prix variant entre 50 et 100 francs CFA. Un sac de 50 kg de poudre en sachet est proposé à 4 000 francs CFA, un prix encore négociable selon le volume de la commande, comme nous l’a confié une vendeuse.

Le processus de dédouanement à la frontière entre les deux pays semble ne pas respecter les réglementations en vigueur, notamment celles relatives à la libre circulation des biens et au Tarif Extérieur Commun de l’UEMOA, étendu à la CEDEAO. En effet, ce régime repose sur des règles d’origine qui ont connu plusieurs révisions, abaissant le seuil de la valeur ajoutée requise de 40 % à 30 % et simplifiant les procédures de reconnaissance de l’origine communautaire. Malgré ces mesures, les produits ghanéens continuent de contourner les dispositifs de taxation en vigueur.

Outre ces questions de conformité douanière, ces produits, apprend-on, posent également des problèmes d’étiquetage, avec des inscriptions en anglais qui ne respectent pas les normes législatives ivoiriennes. Selon des industriels locaux ayant souhaité garder l’anonymat, ces produits ne comportent ni code-barres, ni indication de grammage, constituant ainsi une infraction aux règles de commercialisation en Côte d’Ivoire. Cette concurrence déloyale serait l’une des causes de l’arrêt de production de la société Unilever (anciennement Blohorn), pionnière dans la fabrication de la célèbre lessive OMO, qui a cessé ses activités en 2019.

Malgré nos tentatives, nous n’avons pas réussi à obtenir une réaction des douaniers présents à la frontière. De même, nos démarches pour rencontrer les représentants de Sunda International à leur ancien siège de la zone industrielle de Yopougon se sont avérées infructueuses. La société aurait déménagé, et ses nouveaux locaux demeurent introuvables.

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