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Côte d’Ivoire : entretien avec Emile Gnagra, directeur général de la Société de dédouanement maritime et aéroportuaire

« Nous voulons participer à la gestion des deux ports maritimes ivoiriens » La Société de dédouanement maritime et aéroportuaire (SDMA) a officiellement ouvert un port sec à Bouaflé, zone agricole au Centre de la Côte d’Ivoire, en octobre 2021. Un an après, son directeur général, Emile Gnagra, s’entretient avec ‘Financial Afrik’ et présente le…

Emile Gnagra

« Nous voulons participer à la gestion des deux ports maritimes ivoiriens »

La Société de dédouanement maritime et aéroportuaire (SDMA) a officiellement ouvert un port sec à Bouaflé, zone agricole au Centre de la Côte d’Ivoire, en octobre 2021. Un an après, son directeur général, Emile Gnagra, s’entretient avec ‘Financial Afrik’ et présente le bilan « mitigé » de cette première année d’exercice. Il décline également les perspectives, à court et long termes, de son entreprise. Exclusif !

Propos recueillis par Patricia Mireille Abié


Financial Afrik : La Société de dédouanement maritime et aéroportuaire (SDMA) dont vous êtes le premier responsable s’est doté d’un port sec, dans la zone agricole de Bouaflé (Centre), officiellement mis en service en octobre 2021. Etes-vous satisfait de cette première année d’exercice ? 

Emile Gnagra : Sur le plan de la rentabilité de SDMA, le bilan est très positif parce que tous les investissements qui ont été faits sont en voie d’être rentabilisés. Nous avons une plateforme de 4 hectares sur laquelle nous avons aménagé des pavés sur une superficie de 1,5 hectare en location longue durée. Nous avons aussi bâti sur cette plateforme, deux entrepôts de 2000 m² et 1600 m² respectivement qui sont tous occupés. Enfin nous avons construit deux bâtiments administratifs et un espace bitumé d’environ un hectare pour le parking des camions.

Mais on va dire que le bilan est mitigé parce qu’à l’ouverture du site, nous avons fait la promesse, à la population  de cette localité, de créer des emplois.  Il y a certes du personnel sur le site (ceux des clients, des sociétés d’intérim, des agents de sécurité, des travailleurs permanents et saisonniers de SDMA), mais le fait que le site soit entièrement occupé par des clients pour leurs activités d’entreposage et de manutention, ne nous a malheureusement  pas permis de recruter, sur place, du personnel en nombre important pour le compte de SDMA. Même si nous sommes satisfaits de la profitabilité de la plateforme, beaucoup reste à faire au plan de l’impact social.


Comment  comptez-vous rattraper cela ?

Nous avons un site de 4 hectares sur lequel nous avons déjà exploité 3 hectares. Nous prévoyons donc faire des investissements sur la partie restante. Nous allons l’aménager rapidement et y installer un entrepôt qui pourra emmagasiner les produits de la région, à savoir le cacao, le café, etc. Dans la foulée, nous prévoyons aussi monter sur place une petite unité de transformation d’hévéa qui va occuper la jeunesse de Bouaflé. Ces investissements supplémentaires que nous comptons faire incessamment devraient donc  avoir un impact plus fort sur la jeunesse de cette localité en termes de création d’emplois.


Vous avez investi environ 1,700 milliard de FCFA pour bâtir ce port sec dont la rentabilité satisfait l’entrepreneur que vous êtes. A combien s’élève donc ce premier retour sur investissement ?

Nous avons inauguré le site en octobre 2021, mais nous avons commencé à l’exploiter depuis fin 2020. Aujourd’hui nous pouvons dire que nos revenus sont satisfaisants au regard des prévisions. La création de plateformes régionales dans les villes est une idée porteuse. C’est pourquoi il faut soutenir l’idée de l’Etat à travers l’Autorité de Régulation du système de Récépissé d’Entreposage (ARRE). Cette Autorité envisage organiser la gestion des produits locaux et industriels et  les rendre disponibles pour les opérateurs économiques. L’Etat encourage par ce canal les opérateurs économiques à créer des plateformes dans les villes pour favoriser la mise en place de la bourse des matières premières agricoles qui sera logée à la BRVM. C’est une formidable idée. La plateforme logistique de Bouaflé est intégralement mise en location et il y a d’autres clients qui attendent et qui veulent que nous gérions leurs différentes productions de façon professionnelle. Nous envisageons donc installer des plateformes logistiques dans d’autres localités, telles que Yamoussoukro où nous avons déjà acquis un terrain. Nous allons très bientôt y faire des aménagements modernes. Nous envisageons prendre pied dans les infrastructures portuaires avec les travaux de la plateforme de San Pedro. Nous allons négocier une levée de fonds auprès de certains organismes financiers pour ces projets.


L’Etat vous appuie-t-il ? Si oui, quel est son niveau d’implication ?

Notre modèle ne repose pas sur l’apport financier de l’Etat. A notre avis, l’Etat met des infrastructures en place et c’est à l’entrepreneur de trouver ses moyens pour faire fructifier sa société et en faire bénéficier l’Etat en s’acquittant de ses obligations sociales et fiscales. Nous n’avons pas de barrière au niveau de notre secteur d’activité. Nous avons approché la Primature et le CEPICI pour leur présenter notre projet à long terme. Nous croyons en la capacité des opérateurs économiques. L’Etat a déjà mis en place plusieurs institutions qui facilitent l’investissement et l’éclosion des idées des entrepreneurs.


Quelle est la vision de SDMA ?

La vision de SDMA, c’est de vraiment accompagner l’Etat dans la collecte des fonds mais aussi dans la maîtrise des flux sur les imports et exports. C’est pourquoi nous voulons investir massivement dans les infrastructures portuaires dans les cinq prochaines années. Hier, c’était Bolloré qui gérait les ports, aujourd’hui c’est MSC qui gère les ports d’Abidjan et de San Pedro. Actuellement, nous voulons aider en aval en tant que relais, pour que la nouvelle structure (MSC) puisse mieux accomplir sa mission régalienne de gestion des ports. C’est un secteur névralgique et nous réaffirmons la volonté d’intervenir dans la gestion des flux locaux/nationaux et transfrontaliers. Nous voulons être un acteur majeur sur les deux ports maritimes ivoiriens.

Financial Afrik Premium