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COP 29: à Bakou, la grosse farce climatique

Au 29e Sommet du Climat des Nations Unies à Bakou, en Azerbaïdjan, tenu du 11 au 22 novembre 2024, « plus c’est gros, plus ça passe » semblait être le credo. Josef Goebbels disait que les mensonges les plus gros sont les plus crédibles et, apparemment, les négociateurs du climat ont pris note. Après des semaines de…

Activists hold a protest calling on developed nations to provide financing to fight climate change, during the COP29 United Nations Climate Change Conference, in Baku, Azerbaijan November 22, 2024. REUTERS/Murad Sezer

Au 29e Sommet du Climat des Nations Unies à Bakou, en Azerbaïdjan, tenu du 11 au 22 novembre 2024, « plus c’est gros, plus ça passe » semblait être le credo. Josef Goebbels disait que les mensonges les plus gros sont les plus crédibles et, apparemment, les négociateurs du climat ont pris note. Après des semaines de délibérations intenses, un consensus a émergé autour de l’objectif financier de Bakou, annoncé par le président de la COP29, Mukhtar Babayev.

Ce nouveau cadre vise à mobiliser 1,3 trillion de dollars d’ici à 2035 pour aider les nations en développement à s’adapter et à atténuer les effets du changement climatique. Malgré l’augmentation spectaculaire de l’objectif précédent fixé à 100 milliards de dollars par an entre 2020 et 2025 (resté en l’état de promesse) , le sentiment général est celui d’une farce, surtout pour les négociateurs du Sud global, avec le Nigeria qualifiant l’accord d’insulte.

Le sommet, surnommé le COP financier, avait promis d’apporter des changements substantiels mais s’est plutôt terminé par des engagements jugés insuffisants par les pays vulnérables. Les frustrations étaient palpables, avec une marche de protestation de l’Alliance des Petits États Insulaires et des Pays les Moins Avancés.

Les 300 milliards de dollars promis annuellement par les nations riches semblent dérisoires comparés aux besoins réels des pays affectés par le climat, accentuant le fossé entre l’ambition et la réalité. Ce montant, loin des attentes, a suscité une réaction vive de Nkiruka Maduekwe, directrice générale du Conseil National sur le Changement Climatique du Nigeria, qui a décrit l’objectif financier comme irréaliste et insultant.

Cette COP a été perçue comme un désastre pour le monde en développement, trahissant à la fois les personnes et la planète. Mohammed Adow, directeur de Power Shift Africa, a critiqué les pays riches pour leur manque de sérieux en matière de changement climatique. Selon lui, les promesses de mobilisation de fonds sont insuffisantes et trop tardives.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a également exprimé sa déception, appelant à l’unité et à l’honneur des engagements pris. Il insiste sur le fait que les engagements doivent rapidement se transformer en financements concrets.

Dans un monde idéal, les promesses faites à Bakou devraient être une avancée. Cependant, la réalité du terrain montre que les engagements des nations développées restent des promesses vides, éloignées des véritables besoins des pays en première ligne du changement climatique. En somme, Bakou restera dans les mémoires comme le théâtre d’une farce climatique, où les promesses grandiloquentes ont masqué un manque flagrant de volonté politique pour un changement véritable et significatif.

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