Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

, ,

Congo : Moody’s relève la perspective à positive, Brazzaville regagne du crédit sur les marchés

Moody’s Ratings a relevé la perspective souveraine de la République du Congo de « stable » à « positive », tout en confirmant sa note à Caa2, saluant un retournement progressif du profil de crédit du pays après les tensions observées sur le marché régional en 2024 et début 2025. Selon l’agence, cette amélioration reflète avant…

Moody’s Ratings a relevé la perspective souveraine de la République du Congo de « stable » à « positive », tout en confirmant sa note à Caa2, saluant un retournement progressif du profil de crédit du pays après les tensions observées sur le marché régional en 2024 et début 2025. Selon l’agence, cette amélioration reflète avant tout la baisse du risque de refinancement à court terme, permise par le retour réussi de Brazzaville sur les marchés internationaux, souligne le rapport .

Depuis fin 2025, le Congo a réalisé quatre émissions internationales successives, en novembre et décembre 2025 puis en février et mai 2026, pour un montant cumulé proche de 2,5 milliards de dollars, soit près de 16 % du PIB, avec des maturités désormais étalées entre 2032 et 2036 et des coupons compris entre 9,5 % et 9,875 %. La dernière opération, réalisée le 20 mai 2026, porte sur 850 millions de dollars à échéance 2036, assortie d’un coupon de 9,5 %, avec une offre de rachat parallèle sur le reliquat de l’émission 2032 de 575 millions de dollars .

Pour Moody’s, cette stratégie a profondément modifié le profil de la dette congolaise. Elle réduit le risque de devoir recourir à un nouvel exercice de reprofilage contraint, à l’image du Plan national d’optimisation de la trésorerie (PNOT) d’octobre 2024, considéré comme un épisode assimilable à un défaut technique. Elle diminue également la dépendance du Trésor aux marchés régionaux de la CEMAC, devenus plus coûteux et saturés.

Le rapport souligne également la détente spectaculaire des conditions de financement. Les rendements, qui évoluaient encore entre 13,5 % et 14 % fin 2025, sont désormais repassés sous le seuil des 10 %, signe d’un net retour de confiance des investisseurs internationaux.

Autre élément central : la perspective d’un nouveau programme appuyé par le FMI, officiellement sollicité par Brazzaville. Moody’s estime qu’il pourrait constituer un levier crédible de réforme des finances publiques, avec un accent attendu sur la discipline budgétaire, la centralisation de la trésorerie via le compte unique du Trésor et un meilleur contrôle des dépenses publiques .

L’agence met aussi en avant un environnement macroéconomique plus favorable. La remontée des cours du pétrole, combinée à l’accélération attendue de la production gazière, notamment grâce à l’extension des capacités de GNL à 3 millions de tonnes par an début 2026, contre 500 000 tonnes fin 2025, devrait soutenir la croissance et les recettes budgétaires sur les trois prochaines années .

Cette embellie ne masque toutefois pas les fragilités structurelles. Moody’s rappelle que la dette publique demeure élevée, à 98 % du PIB estimé en 2025, dont 13 % du PIB d’arriérés, tandis que la gouvernance budgétaire, la transparence des données et la gestion des flux de trésorerie restent des points noirs persistants .

L’analyse rejoint celle récemment formulée par S&P : le Congo est engagé dans une phase de reconstruction progressive de sa crédibilité financière, fondée sur le reprofilage de sa dette, l’allongement de ses maturités et la restauration d’un accès régulier aux marchés internationaux.

Le véritable test se jouera désormais sur l’exécution : la capacité du gouvernement à transformer cette fenêtre de confiance en réformes durables, à apurer ses arriérés et à consolider la discipline budgétaire déterminera si cette perspective positive peut, à terme, déboucher sur une amélioration effective de la note souveraine.

Financial Afrik Premium