Réuni mardi 6 mars à Brazzaville, le Comité monétaire et financier national a annoncé que le taux de croissance du PIB réel de la République du Congo devrait rebondir à 4% cette année, après la forte baisse (-2%) enregistrée en 2017.
Même si d’aucuns imputent cette relance aux reformes publiques engagées par le gouvernement, il faut noter que cet optimisme est le signe avant-coureur de l’augmentation attendue de la production pétrolière.
En effet, les perspectives de l’or noir congolais sont bonnes, notamment en raison de la montée du cours du baril et de la production pétrolière portée par le champ Moho-nord qu’exploite le groupe français Total, et entré en production depuis 2017.
Le plus important gisement pétrolier jamais exploité au Congo représente à lui seul, un investissement de 11 milliards de dollars pour une production journalière attendue à 100 000 barils en phase de pic.
Ces nouvelles perspectives devront tourner la page sombre de l’économie congolaise, accentuée depuis 2014 par la chute drastique des prix du pétrole, principale ressource budgétaire du pays. Elle avait notamment entraîné une contraction des activités pétrolières et un ralentissement de la croissance du secteur non pétrolier, lui-même induit par la baisse des investissements publics.
Par ailleurs, le pays a enregistré un recul du déficit budgétaire global base engagements, hors dons, de 402,5 milliards en 2016 à 374,7 milliards en 2017, compte tenu de l’ajustement budgétaire. Ce qui vient s’ajouter à l’amélioration du déficit du compte courant de 66,1% pour se situer à 5,5% du PIB.
En rappel, le Congo avait adopté un budget qui, selon le gouvernement, s’inscrit dans « les grandes lignes du programme » du Fonds monétaire international (FMI), et s’articule autour de quatre grands axes : le maintien d’un niveau d’investissements, la préservation des filets sociaux, l’engagement de ne pas impacter les salaires et traitements des fonctionnaires et agents de l’État et les efforts rendus nécessaires de réduire le train de vie de l’État.
Réélu en mars 2016 sous fond de tensions et de contestations, le président Denis Sassou N’Guesso avait promis d’exécuter un quinquennat du décollage économique dans un pays où pauvreté et chômage sont les choses les mieux répandues.
Par Nephthali Messanh Ledy


