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CEMAC : les réserves de change refluent, la BEAC surveille la position extérieure

La position extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) reste sous tension. Selon le Rapport sur la politique monétaire de juin 2026 publié ce jeudi 2 juillet par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les réserves de change se sont établies à 7 248 milliards de FCFA (environ 12,62…

Le siège de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) situé à Yaoundé, au Cameroun. © DR

La position extérieure de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) reste sous tension. Selon le Rapport sur la politique monétaire de juin 2026 publié ce jeudi 2 juillet par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les réserves de change se sont établies à 7 248 milliards de FCFA (environ 12,62 milliards de dollars américains) à fin avril 2026, en repli de 1,6 % en glissement annuel. Un recul modéré en apparence, mais qui prolonge une trajectoire descendante amorcée dès 2024 et qui inquiète l’institut d’émission basé à Yaoundé (Cameroun).

Une érosion alimentée par les importations et le service de la dette

D’après la BEAC, cette baisse s’explique par la forte demande de devises liée aux importations de biens d’équipement, de produits énergétiques et alimentaires, ainsi qu’aux transferts opérés par les entreprises et les États de la sous-région au titre du service de la dette extérieure. La détérioration récente des soldes commerciaux, aggravée par la baisse passée des cours du brut et par l’arrêt prolongé de la raffinerie gabonaise – qui contraint le pays à importer massivement des produits pétroliers raffinés – accentue la pression sur le stock de devises.

Selon un rapport du ministère camerounais des Finances publié le 20 avril 2026, la contraction observée depuis fin 2024 résulte principalement de transferts nets négatifs cumulés d’environ 1 300 milliards de FCFA, soit près de 2,33 milliards USD.

Une stabilité extérieure encore préservée

Malgré ce reflux, les fondamentaux monétaires restent au-dessus des seuils prudentiels. Le taux de couverture extérieure de la monnaie s’établit autour de 70 % – au-delà du plancher statutaire de 60 % fixé par la BEAC –, tandis que les réserves permettent de couvrir environ 4,72 mois d’importations de biens et services, contre une norme communautaire de trois mois. Autre signe positif, le taux de centralisation des réserves auprès de la Banque centrale progresse nettement, passant de 69,19 % à 73,93 % en un an, ce qui traduit une meilleure discipline des États dans le rapatriement des devises.

Un rebond attendu, mais sous conditions

Les projections de la BEAC tablent sur un redressement rapide. Les réserves devraient atteindre 7 962,3 milliards de FCFA au 31 décembre 2026 (+25 % sur un an), portant le taux de couverture extérieure à 70,7 %. La trajectoire à moyen terme s’inscrit dans une dynamique haussière : 8 649 milliards en 2027, 9 555 milliards en 2028 et 10 773 milliards en 2029, avec un taux de couverture stabilisé autour de 75 % en moyenne.

Ce scénario reste toutefois conditionné à un environnement extérieur favorable : maintien des cours des hydrocarbures – premier pourvoyeur de devises de la zone –, poursuite de la mise en œuvre de la réglementation des changes et absence de chocs géopolitiques majeurs. Les tensions au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, qui pèsent déjà sur les chaînes logistiques et le fret maritime, constituent à cet égard le principal facteur de risque identifié par le Comité de politique monétaire.

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