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CEMAC : le faible recouvrement de la taxe communautaire menace le fonctionnement des institutions

Au 11 juin 2026, sur les 50,204 milliards de FCFA (près de 90 millions USD) attendus de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), seuls 9,384 milliards de FCFA (près de 17 millions USD), soit un taux d’exécution de 17,70%. L’information a été rendue publique par le président du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique…

Au 11 juin 2026, sur les 50,204 milliards de FCFA (près de 90 millions USD) attendus de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), seuls 9,384 milliards de FCFA (près de 17 millions USD), soit un taux d’exécution de 17,70%. L’information a été rendue publique par le président du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), le ministre congolais de l’Economie, du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, Ludovic Ngatsé. C’était à l’occasion de la clôture des travaux de la 45ème session ordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenue le 13 juin 2026 à Brazzaville, au Congo.

Pour le ministre congolais, le non reversement de cette taxe rend difficile l’exécution du budget 2026 de la CEMAC. Et pour cause, ce budget, estimé à   85,9 milliards de FCFA (environ 152 millions USD), est financé à 58,43% par la TCI.

Ces difficultés de recouvrement menacent le fonctionnement de la CEMAC. En effet, selon les données officielles, certaines institutions de la CEMAC cumulent jusqu’à trois mois d’arriérés de salaires. Dans le même temps, sans les désigner, l’on évoque des États qui ont une dette de plus de 270 milliards de FCFA (près de 480 millions USD) envers la communauté. « Cette réalité dépasse le seuil de la préoccupation budgétaire : elle constitue une menace existentielle pour la communauté », indique Ludovic Ngatsé. Qui précise que « ces données ne sont pas des projections théoriques, mais décrivent la réalité d’aujourd’hui ».

Face à cette situation, le président du Conseil des ministres de l’UEAC a recommandé « la nécessité de renforcer la communauté pour le bien des générations à venir, le reversement de la TCI étant une obligation légale, non une option ». Ludovic Ngatsé a souligné que « chaque franc non reversé est un service communautaire non rendu, une décision non mise en œuvre, une institution fragilisée dans sa capacité à servir nos populations. Notre Conseil a pris ce jour les mesures nécessaires ». Pour le ministre congolais, « il appartient maintenant à chacun de nos gouvernements d’en assurer l’exécution sans délai, en impliquant de manière effective et irréversible le mécanisme de reversement automatique dans leurs systèmes financiers nationaux ».

Pour rappel, à l’ouverture des travaux de Brazzaville, le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, alertait sur « les signaux de dégradation de la situation financière dans l’espace, avec une aggravation depuis janvier 2026 ». Il révélait alors « le niveau de trésorerie est extrêmement faible ». Et notait que « la racine du problème, qui réside dans les carences de reversement de la TCI, principale source de financement de la CEMAC, est bien connue ».

Seulement, « conscient des contraintes qui limitent les capacités financières des États membres », et en attendant la réalisation d’une étude approfondie et relative, le Conseil n’a pas appliqué les sanctions prévues aux articles 51 et 52 du traité révisé de la CEMAC.

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