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CEMAC : le crédit bancaire en chute de 20% à fin mars 2026

Selon le rapport sur l’évolution des taux débiteurs des établissements de crédit dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), au premier trimestre 2026, le volume des crédits bancaires s’y est contracté de 20,22% en glissement annuel. Passant de 3.146,9 milliards de FCFA (environ 5,6 milliards USD) en 2025 à 2.510,5 milliards de…

Selon le rapport sur l’évolution des taux débiteurs des établissements de crédit dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), au premier trimestre 2026, le volume des crédits bancaires s’y est contracté de 20,22% en glissement annuel. Passant de 3.146,9 milliards de FCFA (environ 5,6 milliards USD) en 2025 à 2.510,5 milliards de FCFA (environ 4,4 milliards USD) selon la même source.

Ce recul du crédit bancaire, dans un contexte où le nombre de dossiers financés a pourtant augmenté, témoigne d’un ajustement structurel du crédit dans la zone. En effet, 251.879 nouveaux crédits ont été accordés, soit une hausse de 5,86% par rapport à la même période de 2025.

L’essentiel de cette dynamique provient d’une réduction significative des montants moyens par dossier, qui sont passés d’environ 13,3 millions de FCFA au premier trimestre 2025 à 10 millions de FCFA à fin mars 2026. Cette baisse de la taille moyenne du crédit reflète une modération du risque bancaire et une reconfiguration des stratégies de prêts en faveur de segments moins exposés.

Les données montrent que ce ralentissement est surtout imputable au retrait des financements aux grandes entreprises, qui représentaient 58,61% de l’octroi total de crédits mais ont vu leurs financements chuter de 26,44% en glissement annuel. Les Petites et moyennes entreprises (PME) ont, quant à elles, capté 22,54% de l’ensemble des prêts pour un montant de 565,9 milliards de FCFA (environ 1 milliard USD), en léger retrait sur un an mais avec une tendance plus stable par rapport au trimestre précédent.

De façon encore plus marquée, les grandes entreprises ont supporté le poids de la contraction. Leur portion de crédit est tombée à 1.471,3 milliards de FCFA (environ 2,6 milliards USD) au cours de la période sous revue, contre 2.000,2 milliards de FCFA (environ 3,5 milliards USD) un an plus tôt. Ce qui traduit une modération drastique des prêts corporate.

Par ailleurs, les ménages ont reçu 285,8 milliards de FCFA (environ 505,4 millions USD) de nouveaux crédits, soit 11,38% du total. Un niveau légèrement inférieur à celui de l’an dernier, mais en progression par rapport au quatrième trimestre de 2025.

En revanche, les administrations publiques et collectivités décentralisées ont réduit leur recours au crédit de 25,84%. Ce qui souligne un resserrement de la demande publique de financement sur fond de contraintes budgétaires.

Cette contraction du crédit bancaire intervient dans un contexte où la liquidité des banques reste sous pression. Ce, malgré les opérations d’injection monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui tente d’absorber les tensions de financement sur le marché interbancaire.

Pour les analystes économiques et financiers, cette dynamique signale une période d’ajustement du secteur bancaire de la CEMAC. Cette période est marquée par une sélectivité accrue des prêts, une préférence pour des portefeuilles de moindre risque et une nouvelle hiérarchisation des bénéficiaires du crédit.

Ce tournant du crédit pourrait peser sur la croissance économique régionale si les obstacles au financement des grandes entreprises ne sont pas compensés par des mécanismes alternatifs de financement ou une meilleure intermédiation pour les PME.

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