Le dernier rapport sur le contrôle de la Salle des marchés de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), rendu public début avril 2026, dresse un tableau contrasté de la gestion financière en 2025. Dans cette unité centrale chargée de la mise en œuvre de la politique monétaire et de la gestion des réserves de change de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’on vogue entre renforcement des avoirs extérieurs, valorisation de l’or et léger repli de la rentabilité. Ce qui consolide les positions de la BEAC qui fait également face à des vents financiers moins porteurs.
« Au 31 décembre 2025, le portefeuille de titres domestiques géré par la Salle des marchés atteint 221,5 milliards de FCFA (environ 397 millions USD) en valeur nominale. Il recule par rapport à 2024, sous l’effet de tombées d’échéance supérieures aux nouvelles acquisitions », peut-on lire dans ce rapport. Qui indique que « ces titres, composés de 144 lignes d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), restent valorisés au coût amorti conformément à la norme IFRS 9 (approuvée le 27 juin 2019 par le Comité de réglementation comptable (CRC), et en vigueur depuis le 1er janvier 2018, IFRS 9 est une norme comptable internationale concernant les actifs financiers, qui modifie les règles de classement et d’évaluation de ces derniers, ainsi que leur modèle de dépréciation, ndlr) ».
Renforcement prudent des avoirs extérieurs
Pour ce qui est des avoirs extérieurs hors Compte d’Opérations, ils progressent en revanche de 9,78%, pour s’établir à 2.413,9 milliards de FCFA (environ 4,33 milliards USD). Cette hausse reflète une stratégie de renforcement prudent des réserves, dans un contexte régional marqué par des tensions sur les devises.
Cependant, le moteur principal reste le portefeuille de titres internationaux. Ainsi, les actifs classés HTC (Held to Collect) augmentent de 117,5 milliards de FCFA (près 211 millions USD), tandis que les titres HTCS (Held to Collect and Sell) gagnent 36,1 milliards de FCFA (près de 65 millions USD). Au total, le portefeuille obligataire progresse de plus de 20 % sur l’exercice.
Forte valorisation de l’or
Le rapport de la Salle des marchés de la BEAC indique qu’au cours de la période sous revue, l’or joue également un rôle clé. Ainsi, révèle-t-il, sans variation de volume, le stock de 201.903 onces voit sa valeur bondir à 492,9 milliards de FCFA (environ 884 millions USD) en 2025, contre 333,9 milliards de FCFA (près de 600 millions USD) un an plus tôt. Cette revalorisation est entièrement liée à la flambée du cours de l’once sur les marchés internationaux.
À l’inverse, certains postes pèsent sur la performance globale. Le portefeuille en gestion déléguée dite Reserves Advisory and Management Program (RAMP, un service spécialisé, mis en œuvre par des institutions financières (comme la BEAC en Afrique centrale) ou des investisseurs institutionnels pour confier la gestion de leurs réserves ou portefeuilles de titres à des gestionnaires d’actifs professionnels, ndlr) recule de 7,5%, affecté par la dépréciation du dollar américain. Les soldes des comptes en devises chez les correspondants diminuent également de 82,3 milliards de FCFA (près de 148 millions USD).
Une rentabilité pénalisée par le change
Sur le plan de la rentabilité, la Salle des marchés de la BEAC dégage un résultat net comptable de 105,5 milliards de FCFA (environ 189 millions USD), en baisse de 5,26% en glissement annuel. Cette contraction reflète un environnement financier moins favorable, malgré la bonne tenue des actifs de réserve.
Les commissaires aux comptes, Forvis Mazars et Grant Thornton, soulignent toutefois « une maîtrise globale des risques ». Tous les émetteurs et contreparties présentent en effet une notation minimale BBB, conforme aux exigences du Conseil d’administration.
Finalement, la BEAC affiche en 2025 une structure de réserves plus solide, portée par l’or et les titres internationaux. Mais la baisse du résultat rappelle la sensibilité persistante de la performance aux cycles monétaires et aux fluctuations de change.



