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CEMAC : la BEAC assouplit sa politique monétaire et abaisse ses taux directeurs pour relancer le crédit

Réuni en sa deuxième session ordinaire annuelle le 29 juin 2026 à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé de réduire l’ensemble de ses principaux taux directeurs ainsi que les coefficients de réserves obligatoires applicables aux établissements de crédit, dans l’objectif de soutenir le…

Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC.

Réuni en sa deuxième session ordinaire annuelle le 29 juin 2026 à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé de réduire l’ensemble de ses principaux taux directeurs ainsi que les coefficients de réserves obligatoires applicables aux établissements de crédit, dans l’objectif de soutenir le financement de l’économie au sein de la CEMAC.  Ainsi, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), principal taux directeur de la Banque centrale, est ramené de 4,75 % à 4,50 %. Le taux de la facilité de prêt marginal est, quant à lui, abaissé de 6,25 % à 5,75 %, tandis que le taux de la facilité de dépôt demeure inchangé à 0 %.

Le CPM a également décidé de réduire les coefficients des réserves obligatoires imposées aux banques. Ceux-ci passent de 7 % à 6,5 % pour les dépôts à vue et de 4,5 % à 4 % pour les dépôts à terme.

Présidée par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, cette réunion marque un tournant dans l’orientation de la politique monétaire régionale. Il s’agit du premier assouplissement depuis la baisse des taux intervenue en mars 2025, traduisant la confiance de l’institution dans l’amélioration progressive des fondamentaux macroéconomiques de la sous-région.

Des indicateurs macroéconomiques mieux orientés

Les dernières projections de la Banque centrale font état d’un léger ralentissement de la croissance économique de la CEMAC, attendue à 3,2 % en 2026, contre 3,4 % en 2025. En revanche, l’inflation devrait rester maîtrisée à 2,4 %, en deçà du seuil communautaire de 3 %.

La situation des finances publiques continuerait également de s’améliorer. Le déficit budgétaire, hors dons, devrait reculer de 3,7 % à 1,9 % du PIB, tandis que le déficit du compte courant se réduirait de 4 % à 2,9 % du PIB.

Les perspectives sont également favorables sur le plan des réserves de change. La BEAC prévoit une couverture des importations de biens et services de 4,72 mois à fin 2026, contre 4,12 mois un an auparavant. Dans le même temps, le taux de couverture extérieure de la monnaie progresserait de 65,2 % à 70,7 %, renforçant ainsi la résilience de la position extérieure de la sous-région.

Davantage de liquidités pour soutenir le financement de l’économie

Au-delà de la baisse des taux directeurs, la diminution des réserves obligatoires constitue l’une des mesures les plus significatives annoncées par le Comité de politique monétaire. En réduisant la proportion des dépôts que les banques sont tenues d’immobiliser auprès de la Banque centrale, la BEAC injecte davantage de liquidités dans le système bancaire.

Cette décision devrait accroître la capacité des établissements financiers à octroyer des crédits aux entreprises, aux ménages et aux États, contribuant ainsi à soutenir l’investissement, la consommation et, plus largement, la dynamique de croissance économique dans les pays de la CEMAC.

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