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CEMAC : Fitch certifie la résilience des banques face au choc géopolitique États-Unis/Iran

Dans une note publiée le 22 juin 2026, l’agence de notation américaine Fitch Ratings confirme que « les banques commerciales opérant dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont en mesure d’absorber les turbulences liées au conflit entre Les Etats-Unis et l’Iran ». Elle juge l’impact sur leurs profils de crédit…

Dans une note publiée le 22 juin 2026, l’agence de notation américaine Fitch Ratings confirme que « les banques commerciales opérant dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont en mesure d’absorber les turbulences liées au conflit entre Les Etats-Unis et l’Iran ». Elle juge l’impact sur leurs profils de crédit « limité », à ce stade. Une conclusion rassurante, mais assortie de nuances importantes.

En effet, sur les six pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Congo, Guinée équatoriale et Tchad), seule la Centrafrique n’exporte pas de pétrole brut. Dans cette configuration, la flambée des cours du brut, portée par les tensions dans le détroit d’Ormuz, pourrait donc constituer une aubaine pour les finances publiques régionales.

Pour Fitch Ratings, « des recettes supplémentaires peuvent soutenir les budgets des États ». Ces ressources seront néanmoins partiellement mobilisées pour financer des dépenses publiques au Gabon et des subventions en République du Congo. L’agence précise que « ces revenus exceptionnels ne suffiront pas, à court terme, à résorber les tensions de liquidité sur le marché des titres publics de la sous-région ».

Les banques bénéficient par ailleurs d’une exposition directe au secteur pétrolier et gazier, qui représentait environ 20% de leurs crédits à fin septembre 2025. La bonne tenue des entreprises du secteur, portée par des prix élevés, devrait limiter la dégradation de la qualité des actifs bancaires en 2026.

Pour autant, le tableau n’est pas sans ombres. L’agence américaine pointe « la forte concentration des bilans bancaires sur les États et les entreprises publiques ». Ainsi, à fin septembre 2025, apprend-on, « les prêts à ces acteurs atteignaient 10.600 milliards de FCFA (environ 18,5 milliards USD), soit 39% du total des actifs ». Par ailleurs, près de 80% de cette exposition était constituée de titres souverains.

Toute dégradation de la situation budgétaire des États de la CEMAC se répercuterait mécaniquement sur la qualité des actifs bancaires. Le Gabon et la République du Congo sont identifiés comme « les plus vulnérables » à un éventuel durcissement des conditions de financement.

Fitch rappelle que « les banques de la CEMAC partent d’une position déjà fragilisée ». Les créances douteuses atteignaient 16,7% des prêts à fin septembre 2025, avec un taux de provisionnement de seulement 74%. Les fonds propres demeurent donc exposés aux actifs dépréciés non couverts ».

Malgré ces fragilités, l’agence maintient son diagnostic : « Le choc géopolitique actuel ne devrait pas, à ce stade, modifier significativement les profils de crédit des banques de la sous-région. »

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