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Canal de Suez : l’Égypte accorde une réduction de 15 % aux grands porte-conteneurs pour relancer le trafic

Face à la baisse du trafic maritime, l’Égypte a annoncé une réduction de 15 % des frais de transit sur le canal de Suez pour les porte-conteneurs d’un tonnage net supérieur ou égal à 130 000 tonnes. Cette mesure, destinée à relancer le commerce maritime et à soutenir les armateurs face à la flambée des…

FILE PHOTO: A shipping container passes through the Suez Canal in Suez, Egypt February 15, 2022. Picture taken February 15, 2022. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany/File Photo

Face à la baisse du trafic maritime, l’Égypte a annoncé une réduction de 15 % des frais de transit sur le canal de Suez pour les porte-conteneurs d’un tonnage net supérieur ou égal à 130 000 tonnes. Cette mesure, destinée à relancer le commerce maritime et à soutenir les armateurs face à la flambée des coûts d’assurance, prendra effet à partir du 15 mai pour une durée de 90 jours, selon un communiqué de l’Autorité du canal de Suez, publié ce mardi 13 mai.

Les réductions s’appliqueront aussi bien aux navires pleins qu’à vide, pourvu qu’ils répondent aux critères établis. Cette initiative intervient alors que la situation sécuritaire en mer Rouge s’est partiellement stabilisée, ouvrant la voie à un retour progressif du trafic maritime par cette route stratégique.

Le canal de Suez constitue une source vitale de devises pour l’économie égyptienne. Mais les revenus ont chuté drastiquement, atteignant seulement 880,9 millions de dollars au quatrième trimestre 2024, contre 2,4 milliards de dollars à la même période l’année précédente. Cette baisse est largement imputée aux attaques répétées des rebelles houthis, qui ont visé des navires transitant en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Soutenus par l’Iran, les Houthis justifient leurs attaques en affirmant vouloir empêcher les cargaisons à destination d’Israël, en soutien à la cause palestinienne. Toutefois, plusieurs navires liés au canal de Suez ont également été pris pour cibles, contribuant à détourner une partie importante du trafic maritime vers d’autres routes.

Un contexte diplomatique tendu

Face aux inquiétudes du secteur, Osama Rabie, président de l’Autorité du canal, a rencontré la semaine dernière des représentants d’agences maritimes. Ces derniers ont réclamé des incitations financières temporaires pour faire face à l’augmentation des primes d’assurance, la mer Rouge étant désormais considérée comme une zone à haut risque.

Ces efforts s’inscrivent dans un contexte diplomatique tendu, marqué par un cessez-le-feu négocié par Oman entre les États-Unis et les Houthis. L’accord prévoit un arrêt des frappes américaines au Yémen en échange de l’engagement des Houthis à cesser les attaques contre les navires américains. Toutefois, Israël reste exclu de cet accord, maintenant un risque pour les navires liés à ce pays.

Le canal de Suez reste l’un des axes les plus stratégiques du commerce mondial, reliant la Méditerranée à la mer Rouge et réduisant considérablement les distances entre l’Europe et l’Asie. La reprise du trafic dépendra fortement de l’évolution de la sécurité régionale et de la confiance des opérateurs maritimes.

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