Le processus de recapitalisation de la Banque des Petites et Moyennes Entreprises est en bonne voie suite à l’Ordonnance du Président de la République portant révision de la loi de finances 2019.
L’Ordonnance du 29 mai 2019 portant révision de la loi de finances dont le budget est passé de de 4850,5 milliards à 5212 milliards de FCFA, soit une hausse de 361,5 milliards de FCFA permettra à plusieurs administrations publiques de se donner un bol d’air. Parmi elles, la Banque Camerounaise des Petites et Moyennes Entreprises (BCPME) dont le capital social devrait doubler, passant de 10 milliards actuellement à 20 milliards de FCFA. Une recapitalisation qui viendrait entériner une décision du conseil d’administration qui l’annonçait déjà en janvier dernier et permettre à cette banque de mieux se déployer auprès des investisseurs.
Cette perfusion financière de l’Etat-propriétaire estiment certains analystes arrive à point nommé, d’autant qu’elle survient au lendemain des sanctions administrées à cette banque publique ainsi qu’à ses dirigeants par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) notamment pour non-respect des normes prudentielles relatives au capital minimum.
Au demeurant, cette restructuration rentre également dans le cadre des réformes économiques impulsées par les institutions financières de Bretton Woods, en l’occurrence, le Fonds monétaire international (FMI) qui l’a signifié au gouvernement camerounais à travers le programme économique et financier triennal 2017-2019. Un accord qui précise que « le plan d’affaires de la Banque des PME sera remis à jour. En particulier, nous étudierons la possibilité de favoriser l’octroi de garanties ou de lignes de financement à des banques commerciales, plutôt que l’octroi de prêts directs », signifiait le FMI en 2018.
La décision des pouvoirs publics de provisionner cette structure devrait permettre à la BCPME d’octroyer des crédits à long terme, un dispositif plus adapté à l’investissement pour les PME qui, non seulement se plaignent du manque de financement pour assurer leur croissance, mais estiment pour le cas spécifique de la BCPME, que son fonctionnement est en déphasage avec le modèle de développement économique des entreprises.
Selon l’Institut national de la statistique (INS) le tissu économique du Cameroun est constitué à plus de 90% par les PME. Celles-ci indique-t-on contribuent à plus de 35% du PIB (Produit intérieur brut) mais ne captent en moyenne que 18,8% des financements bancaires contre 63,5% pour les grandes entreprises. D’où une durée de vie qui atteint rarement dix, fait observer le patronat.



