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Cameroun : près de 500 emplois menacés chez DIT au Port de Douala

Le gouvernement camerounais et les syndicats mettent en garde contre une suppression d’un demi-millier d’emplois à la Douala International Terminal, une entité du Groupe Bolloré. Par Achille Mbog Pibasso L’on n’est encore loin selon toute vraisemblance, de sortir définitivement de la marée haute qui secoue l’estuaire du Wouri au sujet de la concession à terminal…

Le gouvernement camerounais et les syndicats mettent en garde contre une suppression d’un demi-millier d’emplois à la Douala International Terminal, une entité du Groupe Bolloré.

Par Achille Mbog Pibasso

L’on n’est encore loin selon toute vraisemblance, de sortir définitivement de la marée haute qui secoue l’estuaire du Wouri au sujet de la concession à terminal à conteneur du port de Douala.

Moins d’un mois après la décision de la Direction générale du Port autonome de Douala (PAD) attribuant comme adjudicataire provisoire la rénovation, la modernisation, l’exploitation et la maintenance de cette infrastructure au Groupe italo-suisse Terminal investment limited (TIL), ce dossier continue de faire des gorges chaudes, notamment au sein du consortium franco-danois APM-Maerk-Bolloré qui affirme toujours injustement avoir été écarté au terme de l’Appel international à manifestation d’intérêt (APMI) lancé en janvier 2018.

Pendant que la Douala International Terminal (DIT) continue l’activité jusqu’au 31 décembre 2019 qui correspondrait aux quinze années de sa concession non renouvelée, que l’on signale déjà la volonté de TIL de se  séparer d’un demi-millier d’employés.

Une mauvaise nouvelle pour les autorités camerounaises et les syndicats, pour qui, « aucun employé ne devrait être affecté avec l’arrivée d’un nouvel opérateur  conformément à l’engagement pris par TIL ».

En réalité, cette position rejoint celle du PAD qui préside la commission ad hoc d’attribution de la concession, où l’on affirme avoir « pris langue avec DIT, pour nous concerter sur les modalités de transfert du personnel. L’objectif clairement affiché par le directeur général du Pad étant que tout soit mis en œuvre pour que ce personnel soit reversé au nouveau concessionnaire ».

Or, selon les responsables du PAD présents à une réunion organisée le 03 octobre dernier par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale à laquelle prenaient part les délégués du personnel de DIT et le PAD, le repreneur TIL « ne souhaite pas reprendre l’ensemble des effectifs de DIT ». Une démarche qui aurait pour objectif de « minimiser des coûts et d’embaucher de bas salaires sans reprise d’ancienneté ». Ce scénario contraindrait DIT à procéder au licenciement pour motif économique de l’ensemble de son personnel.

Pour le gouvernement et les syndicats, « cette non-reprise des contrats de travail des 440 employés de DIT est porteuse de conséquences fâcheuses pour le personnel constitué à 99% de camerounais et de camerounaises ».

Il s’agit entre autres, de l’absence de perspective pour les collaborateurs de DIT et leurs familles, la perte de l’ancienneté acquise chez DIT, la menace d’une baisse nette du niveau de revenus, la perte de divers avantages acquis à l’exemple des diverses primes. Ce qui serait une catastrophe pour un personnel couvert par la sécurité sociale.

Pour les syndicats du personnel portuaire, « en acceptant l’offre de TIL, le PAD a sacrifié les employés de DIT qui, si tant est qu’ils soient réembauchés, perdront tous les avantages précédemment cités. Le PAD n’a pas tenu compte dans ce processus d’adjudication, du volet social qui est pourtant de la responsabilité de l’Etat ». Entre 2005 et 2018, le Groupe Bolloré à travers sa filiale Douala international terminal (DIT) qui assure encore l’exploitation de ce terminal à conteneurs déclare avoir enregistré près de 217 % de croissance de volume en quatorze ans d’activité. Par ailleurs, au cours de ces cinq dernières années précise-t-on, les investissements ont été de l’ordre de 50 milliards de FCFA.

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