Le 6 mai 2026, le gouvernement camerounais a résilié les contrats de la tunisienne Soroubat et de la chinoise China State Construction Engineering sur deux chantiers routiers d’un montant total de 76 milliards FCFA (environ 135 millions USD).
De sources officielles, ces résiliations font suite au constat, par le ministère des Travaux publics, de l’immobilisme et des performances jugées insuffisantes. Ce, en l’absence d’un communiqué officiel sur les motifs juridiques précis de ces résiliations. Qui s’inscrivent dans une démarche de nettoyage du portefeuille des projets routiers, marqué par des retards importants et la défaillance de certains prestataires.
Cette décision intervient alors que le secteur des infrastructures routières reste au cœur de l’agenda économique de Yaoundé. En effet, ce secteur figure parmi les priorités des budgets sectoriels et des financements extérieurs.
Cette résiliation intervient également dans un contexte où le secteur routier représente un des leviers majeurs pour la compétitivité économique du pays et de l’Afrique centrale. Notamment vis-à-vis des corridors logistiques transfrontaliers, comme ceux reliant Douala aux marchés du Tchad et du Congo. Toutefois, la persistance des retards et la mauvaise exécution de certains marchés avaient déjà mis le gouvernement sous pression pour optimiser les dépenses et garantir l’efficacité des investissements publics.
Pour des acteurs du marché et observateurs économiques, cette éviction pourrait refléter une volonté de renégociation des termes contractuels, voire de réinitialisation des partenariats avec des entreprises étrangères selon des critères de performance, de délais et de contenu local. À l’international, des pratiques similaires ont déjà été observées lorsque des États africains cherchent à renforcer la capacité d’exécution locale et à réduire les surcoûts potentiels.
Sur le plan financier, ces chantiers représentaient des engagements budgétaires significatifs dans un Cameroun où l’effort d’investissement public est soutenu, surtout dans les infrastructures, l’énergie et les transports. L’annulation de marchés aussi lourds peut peser sur la confiance des bailleurs et des investisseurs étrangers, qui scrutent la prévisibilité réglementaire des marchés publics camerounais.
Après la résiliation de ces contrats, rien n’indique comment l’Etat du Cameroun entend reprogrammer ou relancer ces projets. Aucune information ne filtre non plus sur le lancement des appels d’offres renouvelés en vue de recruter de nouveaux investisseurs dans le respect des standards financiers et techniques exigés par les institutions de financement du développement.


