Après deux ans de négociations entre le Cameroun, qu’accompagnent les cabinets KPMG Finance SAS, sur le plan financier, et Chazai Wamba, expert technique, et le Fonds d’investissement britannique Actis, assisté par Financia Capital et Amadagana & Partners, le gouvernement camerounais reprend le contrôle majoritaire d’Eneo, le concessionnaire de l’électricité au pays. La cérémonie de signature officielle de la cession des parts d’Actis à l’Etat du Cameroun pour un montant de 78 milliards de FCFA (environ 136 millions USD) s’est déroulée à Yaoundé le 19 novembre 2025.
L’accord a été acté au terme de la tenue d’un comité ministériel tenu le même jour entre le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, son homologue de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et une délégation d’Actis. Une étape qui consacre le basculement définitif des 51% détenus depuis 2015 par le fonds britannique vers l’escarcelle du gouvernement camerounais qui détient désormais 95% du capital d’Eneo, les employés détenant les 5% restants.
Au cours de la cérémonie qui s’est déroulée au ministère des Finances, Louis Paul Motaze a indiqué que « cette opération est l’aboutissement d’un processus conduit avec rigueur et responsabilité ». Par ailleurs, soutient-il, « ce rachat s’inscrit dans l’orientation politique fixée par le chef de l’Etat visant à restaurer la souveraineté du pays, à renforcer la capacité nationale dans un secteur jugé stratégique et à replacer sous contrôle public une entreprise longtemps fragilisée par des pertes techniques élevées, une dette croissante et une qualité de service régulièrement contestée ». Ainsi perçue, cette opération constitue non seulement « un levier pour stabiliser cette entreprise » mais aussi et surtout « une opportunité pour redresser l’opérateur, moderniser son fonctionnement et relancer des investissements indispensables à l’amélioration du réseau ».
Le ministre des Finances a tenu à rassurer les employés (5% du capital) qui s’inquiétaient des conséquences de cette opération sur leur avenir. « Cette acquisition ne modifie ni les statuts ni les droits des employés. L’exercice du droit ne préemption par l’Etat ne remet non plus en cause ni les postes ni les protections existantes », souligne Louis Paul Motaze.
Pour rappel, cette opération, financée par le budget de l’État, sera inscrite dans la loi de finances 2026 que vont examiner les parlementaires réunis actuellement en session ordinaire.



