Le Port Autonome de Kribi (PAK) a franchi une nouvelle étape stratégique dans le renforcement de sa connectivité terrestre. Le 4 juin 2026 à Yaoundé, l’institution a pris part à la signature d’un accord-cadre relatif au développement de la ligne ferroviaire Édéa–Kribi–Lolabé–Campo.
La cérémonie s’est tenue sous la présidence de Jean Ernest Massena Ngallè Bibehe, ministre des Transports. Elle a réuni l’État du Cameroun, CAMALCO, Africa Global Logistics et plusieurs partenaires institutionnels et techniques.
« Cet accord ne constitue pas encore un engagement d’exécution », indique le communiqué de presse publié le 4 mai 2026 par la direction de communication du PAK. « Il ouvre un cadre de préparation destiné à examiner la faisabilité technique, économique et financière du projet, ainsi que ses modalités de réalisation, d’exploitation et de maintenance », poursuit ce communiqué.
Pour le PAK, « l’enjeu est avant tout logistique ». En 2025, la plateforme portuaire a traité 555.398 EVP et 12,7 millions de tonnes de marchandises, principalement acheminées par l’axe routier Édéa–Kribi.
Ces performances confirment la montée en puissance du port. Elles soulignent aussi les limites structurelles d’une desserte reposant majoritairement sur la route, dans un contexte d’augmentation continue des flux.
La perspective ferroviaire vise à donner davantage de profondeur à la chaîne logistique de Kribi. Elle ambitionne d’améliorer la fluidité des acheminements, la régularité des flux et la prévisibilité des opérations.
Le rail offrirait également une capacité accrue de massification, tout en réduisant la pression sur le corridor routier existant. À terme, il permettrait une meilleure desserte des bassins de production et des zones industrielles.
Cette infrastructure est appelée à accompagner la diversification des trafics convergeant vers Kribi. Les flux industriels, agricoles, conteneurisés et miniers pourraient ainsi être intégrés dans une logique logistique plus cohérente et mieux ordonnée.
Selon Patrice Melom, directeur général du PAK, la plateforme a atteint « un niveau de maturité qui appelle désormais un approfondissement de sa connectivité terrestre ». Il souligne qu’« il s’agit davantage d’une vision d’anticipation que de l’annonce d’un chantier imminent ».
À travers cette démarche, le PAK réaffirme sa volonté d’inscrire son développement dans une logique de cohérence territoriale. L’objectif affiché reste le renforcement de la compétitivité logistique du Cameroun et de son ouverture régionale.
Dans un environnement portuaire africain de plus en plus concurrentiel, l’anticipation des infrastructures de connexion apparaît désormais comme un facteur clé de performance durable.
Pour rappel, situé dans la Région du Sud, Département de l’Océan, à 35 km de la ville actuelle de Kribi, le Port en eau profonde de Kribi est opérationnel depuis le 2 mars 2018. Il ouvre le Cameroun et les pays voisins sur la façade Est de l’Océan Atlantique dans le Golfe de Guinée et est relié au réseau national des transports par un faisceau de communication multimodale, qui le connecte à un hinterland constitué de tous les pays de l’Afrique centrale et du Nigéria. Grâce à ses quais fondés à -16 mètres de profondeur et à ses infrastructures modernes et performantes, ce port de 3ème génération garantit aux navires et aux marchandises un service aux meilleurs standards internationaux. Par ailleurs, grâce à ses réserves foncières d’une superficie totale de 15.000 hectares, le port de Kribi se classe parmi les plus vastes complexes industrialo-portuaires du monde et offre aux projets industriels de grande envergure des conditions d’installation idéales.



