Au Cameroun, le gouvernement, via le ministère des Finances (Minfi), a décidé de lancer la traque contre toutes les Fintechs et plateformes qui exercent dans le secteur des services de paiement électronique, notamment dans la collecte de fonds, l’octroi de crédit, le transfert d’argent et autres services de paiement via des plateformes numériques. L’opération d’épuration entreprise par les autorités camerounaises vise à amener ces entités illégales à se conformer à la réglementation en vigueur en la matière. Il s’agit également pour le gouvernement camerounais de « protéger les consommateurs contre les risques tels que l’escroquerie, le blanchiment de capitaux et le financement d’activités illicites, tout en renforçant la transparence et la sécurité dans le secteur des services de paiement électronique au Cameroun ».
Pour justifier cette traque lancée contre les Fintechs clandestines, le Minfi brandit le règlement n°04/18/CEMAC/UMAC/COBAC du 21 décembre 2018. Lequel fixe les conditions d’exercice des services de paiement dans les six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Pour ne pas voir leurs activités suspendues voire définitivement fermées, les prestataires illégaux ont trois mois pour régulariser leur situation.
Dans sa communication à propos, le gouvernement s’attaque également « aux prestataires agréés, opérateurs économiques et administrations publiques qui fournissent des services de paiement sans agrément ». Et les invite « à cesser tout partenariat avec des entreprises fournissant des services de paiement sans agrément ». L’avertissement gouvernemental s’étend aussi aux « promoteurs de plateformes de collecte de fonds publics et de prêts en ligne ». Le Minfi les invite à « suspendre immédiatement leurs opérations, ainsi que toute forme de communication ou de publicité liée à ces activités ».
Pour rappel, l’opération entreprise par le gouvernement camerounais contre les Fintechs illégales s’inscrit dans un vaste mouvement engagé le 8 mai 2025 par le Minfi, Louis Paul Motaze, qui se disait « préoccupé par l’ampleur de l’activité de change clandestin dans les principales métropoles, notamment à Yaoundé et Douala. […] Ces pratiques mettent à mal la stabilité économique, nuisent au climat des affaires et ternissent l’image du pays ».
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