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Cameroun : la Sonara lance un appel d’offres pour l’assurance de ses biens et installations

La Société nationale de raffinage (Sonara) a lancé une série d’appel d’offres national ouvert en vue de recruter une ou plusieurs compagnies d’assurances pour la couverture de ses installations, chantier, transport, parc automobile, responsabilités civiles . Publié le 4 mars 2026, le marché de 4 lots distincts est évalué à 5,1 milliards de FCFA sur…

La Société nationale de raffinage (Sonara) a lancé une série d’appel d’offres national ouvert en vue de recruter une ou plusieurs compagnies d’assurances pour la couverture de ses installations, chantier, transport, parc automobile, responsabilités civiles . Publié le 4 mars 2026, le marché de 4 lots distincts est évalué à 5,1 milliards de FCFA sur une période de trois ans, traduisant un repositionnement stratégique de l’entreprise en matière de gestion du risque.

Selon les informations issues de la plateforme de l’Agence de régulation des marchés publics, la procédure vise à sélectionner un assureur, ou un groupement d’assureurs de droit camerounais, chargé de couvrir les actifs de la raffinerie de Limbé pour la période allant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2029. Le financement sera assuré sur fonds propres, via le budget autonome de la Sonara.

Le périmètre de couverture est étendu et inclut les installations industrielles, les équipements techniques et informatiques, les infrastructures administratives ainsi que les logements de fonction. Certaines catégories d’actifs demeurent néanmoins exclues, notamment des unités de stockage spécifiques et des installations portuaires, conformément aux termes de référence. Le marché est global et non allotissable, imposant aux soumissionnaires une prise en charge intégrale du risque.

Les exigences réglementaires sont élevées : les candidats doivent être établis au Cameroun, détenir les agréments requis dans la branche « dommages aux biens » au sens de la réglementation de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), justifier de l’absence de sanctions et présenter des engagements de réassurance d’un montant minimum de 200 milliards de FCFA. Cette exigence traduit la volonté de sécuriser en amont la chaîne de transfert du risque, à la lumière des insuffisances observées lors du précédent sinistre. La date limite de dépôt des offres est fixée au 1er avril 2026 à Limbé.

Les séquelles d’un incendie estimé entre 200 et 300 milliards de FCFA

Cette relance du programme d’assurance intervient dans un contexte marqué par les séquelles de l’incendie survenu le 31 mai 2019, qui avait détruit une part significative des unités de production de la raffinerie. Sur le plan technique, le sinistre avait été maîtrisé et qualifié d’accidentel. En revanche, sa gestion assurantielle demeure, plusieurs années après, inachevée.

Le préjudice global avait été estimé entre 200 et 300 milliards de FCFA, pour des pertes incluant la destruction de plusieurs unités de raffinage et l’arrêt prolongé des activités. Toutefois, le déclenchement des garanties s’est heurté à un point de rupture contractuel majeur : le paiement effectif de la prime au moment du sinistre. Des divergences sont apparues entre l’assuré et les assureurs quant à la validité de la couverture, certains éléments laissant entendre que la prime n’aurait pas été intégralement réglée avant la survenance du sinistre.

Dans ce contexte, l’assureur chef de file, Activa, s’est retrouvé au cœur d’un contentieux complexe, tandis que les réassureurs internationaux, au premier rang desquels Swiss Re, ont conditionné toute intervention à la clarification de la validité du contrat primaire. Le principe fondamental de la réassurance — qui repose sur l’activation préalable de la couverture directe — a ainsi contribué à bloquer la chaîne d’indemnisation.

Parallèlement, le dossier a connu des prolongements judiciaires, notamment avec l’implication de dirigeants du secteur assurantiel dans des procédures devant les juridictions camerounaises, illustrant la porosité entre contentieux contractuel et enjeux de gouvernance publique.

À ce stade, aucune indemnisation complète et définitive n’a été actée, laissant la Sonara assumer sur ses ressources propres et avec l’appui de l’État un programme de reconstruction et de modernisation de ses installations. L’entreprise s’est progressivement repositionnée, dans l’intervalle, comme un acteur d’importation de produits pétroliers, en attendant une éventuelle relance de ses capacités de raffinage.

Le nouvel appel d’offres s’inscrit ainsi dans une logique de reconfiguration du dispositif assurantiel, avec un accent particulier mis sur la robustesse financière des porteurs de risque et la crédibilité des mécanismes de réassurance. Au-delà du cas Sonara, il constitue un test grandeur nature pour le marché CIMA, confronté à la nécessité de démontrer sa capacité à structurer et absorber des risques industriels de grande ampleur dans un environnement marqué par des contraintes de solvabilité, de discipline contractuelle et de dépendance à la réassurance internationale.

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