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Cameroun : la masse salariale publique atteint environ 3,1 milliards USD par an

Le gouvernement camerounais consacre près de 1 783 milliards de FCFA (environ 3,1 milliards USD) au paiement des salaires et pensions des agents publics, soit 148,6 milliards de FCFA (près de 260 millions USD) par mois. Cette enveloppe permet de rémunérer 306 159 agents publics en activité et d’assurer les pensions de 160 285 retraités, pour un total de 466 444 personnes qui dépendent chaque mois…

Le gouvernement camerounais consacre près de 1 783 milliards de FCFA (environ 3,1 milliards USD) au paiement des salaires et pensions des agents publics, soit 148,6 milliards de FCFA (près de 260 millions USD) par mois. Cette enveloppe permet de rémunérer 306 159 agents publics en activité et d’assurer les pensions de 160 285 retraités, pour un total de 466 444 personnes qui dépendent chaque mois de la solde de l’État camerounais.

L’annonce a été faite par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Lé, lors de son passage devant les députés. Ces chiffres mettent en lumière le poids croissant des charges de personnel sur les finances publiques. Ils sont publiés dans un contexte budgétaire sensible, alors que le gouvernement cherche à mieux maîtriser les effectifs publics et à contenir la progression de la masse salariale, tout en maintenant certains recrutements jugés indispensables.

Une masse salariale sous pression

La question est d’autant plus stratégique que les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont soumis à un critère communautaire strict : les dépenses de personnel ne doivent pas dépasser 35 % des recettes fiscales.

Le Cameroun reste sous pression sur cet indicateur. La hausse continue des effectifs, les avancements automatiques, les régularisations de carrière et le paiement progressif d’arriérés salariaux pèsent lourdement sur cet équilibre.

Pour répondre à ces défis, le gouvernement mise sur la modernisation de la gestion des ressources humaines. C’est dans ce contexte que, depuis le 1er janvier 2025, les carrières des agents publics sont administrées via l’Application informatique de gestion logique des effectifs et de la solde (AIGLES).

Cette plateforme est présentée comme l’outil central de sécurisation et de rationalisation de la paie publique. Elle vise à réduire les erreurs, les lenteurs administratives et les incohérences du fichier solde.

Selon Joseph Lé, plus de 376 000 agents publics ont déjà vu leurs avancements d’échelon et de classe mis à jour grâce à AIGLES. L’automatisation améliore la traçabilité des actes de carrière et la cohérence entre la situation administrative et la rémunération.

L’objectif est également de corriger des dysfonctionnements anciens. Parmi eux figurent les doublons, les anomalies de paiement, les retards de traitement et les écarts entre les effectifs théoriques et les agents réellement en service.

Recrutements ciblés et équilibre budgétaire

Mais cette réforme s’inscrit dans une équation budgétaire délicate. L’État veut freiner la progression de la masse salariale tout en renforçant les secteurs sociaux et régaliens confrontés à de forts besoins.

Pour l’exercice 2026, le gouvernement prévoit plus de 12 000 recrutements, notamment dans la santé, l’éducation, la recherche scientifique et l’administration pénitentiaire. Une première vague de plus de 2 000 postes a déjà été lancée.

L’enjeu est donc double : renforcer les administrations prioritaires sans provoquer une dérive incontrôlée des dépenses de personnel. AIGLES doit également permettre d’anticiper les départs à la retraite et de mieux planifier les recrutements.

À terme, une meilleure connaissance des effectifs réels et des engagements financiers devrait aider l’État camerounais à sécuriser la paie, à améliorer la gouvernance budgétaire et à respecter plus durablement les critères communautaires.

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