Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

Cameroun :  en 2024, Eneo doit 885 millions USD à ses fournisseurs

Sur une dette globale de 800 milliards de FCFA (1,4 milliard USD) à fin 2024, en hausse de 100 milliards de FCFA (177 millions USD) par rapport aux 700 milliards de FCFA (1,2 milliard USD), Eneo Cameroun doit 500 milliards de FCFA (885 millions USD) à ses fournisseurs. Cette dette aux fournisseurs était de 336…

Sur une dette globale de 800 milliards de FCFA (1,4 milliard USD) à fin 2024, en hausse de 100 milliards de FCFA (177 millions USD) par rapport aux 700 milliards de FCFA (1,2 milliard USD), Eneo Cameroun doit 500 milliards de FCFA (885 millions USD) à ses fournisseurs. Cette dette aux fournisseurs était de 336 milliards de FCFA (595 millions USD), soit 48 % du total contre 62,5% au cours de la période sous revue. L’information est contenue dans le rapport Compact Energy Pays du ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) qui cite la Sonatrel, EDC, la Sonara, SNH-Tradex et le régulateur Arsel comme les entreprises publiques créancières du concessionnaire public de l’électricité au Cameroun.

Dans son rapport, le Minee considère Eneo comme « un risque budgétaire pour l’État ». En effet, malgré les bénéfices engrangés en 2022 avec un résultat net de 10 milliards de FCFA (18 millions USD) puis, 8,4 milliards de FCFA (près de 15 millions USD) en 2023 après une perte de 35,5 milliards de FCFA (63 millions USD) en 2021, le rapport relève « une détérioration de la trésorerie d’Eneo ». Cette déliquescence financière révèle que « le solde global est passé de +3,62 milliards en 2022 à -1,58 milliard FCFA fin 2023 », souligne le rapport 2023 de l’entreprise. En conséquence, Eneo est désormais « incapable de couvrir ses dépenses d’exploitation ». Plus grave, le 8 juin 2023, au cours des écha,ges avec la Banque mondiale, alors directeur de l’électricité au Minee, Lionel Omgba Oyono, relevait « un risque élevé de cessation de paiement du concessionnaire ».

Au ministère de l’Energie, l’on explique cette situation par « un manque de mobilisation de financements pour moderniser les infrastructures, un déficit chronique d’investissements dans le transport et la distribution, et une gouvernance jugée défaillante ». D’où le refus de la Société financière internationale (SFI) d’octroyer un prêt de 210 milliards de FCFA (372 millions USD) à Eneo.

L’entreprise s’est désormais résolue à contracter des prêts de court terme auprès de banques locales. Par ailleurs, en 2023, son réseau vétuste a entrainé des pertes techniques et commerciales estimées chacune à 14%. Dans le même temps, souligne le Minee, « le taux de recouvrement reste faible, plombé par la fraude et les impayés des entités publiques ».

En réaction, l’Etat a élaboré un plan de redressement complet à l’horizon 2026. Une sorte de Plan Marshall qui vise « le rachat des parts d’Actis dans Eneo en 2025, un diagnostic assorti d’un plan de restructuration d’ici février 2026, et la réorganisation de la dette sur la même période ».

Financial Afrik Premium