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Cameroun : 100 jours à la SOCADEL pour révolutionner le secteur de l’électricité

La renationalisation de la distribution électrique ouvre une séquence décisive pour l’économie camerounaise. Lors de la passation de service à la tête de la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL), le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, a fixé au directeur général, Oumarou Hamandjoda, une feuille de route claire, exigeante et mesurable sur…

La renationalisation de la distribution électrique ouvre une séquence décisive pour l’économie camerounaise. Lors de la passation de service à la tête de la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL), le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, a fixé au directeur général, Oumarou Hamandjoda, une feuille de route claire, exigeante et mesurable sur 100 jours.

Selon le membre gouvernement camerounais, cette démarche vise à « restaurer l’autorité de l’État, rétablir l’équilibre financier et améliorer rapidement la qualité du service public ». Le diagnostic est sévère. « Le secteur souffre d’un déséquilibre structurel, de tensions de trésorerie et d’une défiance croissante des usagers », a déclaré Gaston Eloundou Essomba.

Pour le gouvernement, le redressement passe d’abord par les finances. D’où une consigne sans ambiguïté sur « chaque kilowattheure distribué doit être facturé et encaissé », selon le MINEE. En clair, la tolérance face aux impayés et à la fraude est révolue.

La première priorité concerne donc le recouvrement. En effet, l’État exige une amélioration rapide du cash-flow par l’élargissement de la base clientèle et la migration accélérée vers les compteurs prépayés. Cette approche vise à sécuriser des liquidités en amont.

Par ailleurs, la lutte contre la fraude devient un pilier central. Le ministre annonce « des opérations de contrôle intensifiées, jour et nuit, appuyées par la création d’une brigade nationale dédiée ». Au centre de cette stratégie, les compteurs intelligents MT/BT qui doivent renforcer la traçabilité des flux.

Le message est également adressé en interne. Toute complicité d’agents avec les réseaux frauduleux entraînera des sanctions disciplinaires et pénales. L’exécutif entend restaurer une éthique de service public sans concession.

Sur le plan technique, les instructions sont tout aussi précises. La modernisation du réseau passe par le remplacement des supports bois, le renouvellement des transformateurs surchargés et l’introduction progressive du smart grid. Les délais d’intervention deviennent un indicateur clé.

Le ministre fixe le seuil de 72 heures maximum pour remplacer un transformateur, en zone urbaine comme rurale, dès le signalement d’une panne. Ce signal opérationnel vise à restaurer la confiance des abonnés.

L’amélioration du taux d’accès à l’électricité complète la stratégie. « Extensions de réseaux, mini-grids et solutions décentralisées doivent accélérer l’électrification, notamment dans les zones rurales. L’enjeu est économique et social », indique le ministre.

Pour les marchés et les investisseurs, ces 100 jours servent de test. Les partenaires financiers attendent des indicateurs tangibles de redressement. La crédibilité de la réforme conditionne le retour de financements durables dans la chaîne énergétique.

En filigrane, l’exécutif assume un pilotage politique fort, voulu par Paul Biya. La SOCADEL devient le bras opérationnel d’une reconquête de souveraineté énergétique.

Si les objectifs sont atteints, les premiers résultats doivent apparaître dès trois mois. A l’analyse, le pari est clair : ces 100 jours diront si la renationalisation peut réellement transformer l’électricité en moteur de croissance, et non plus en frein structurel.

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