Le monde du cacao est en ébullition ! Les contrats à terme de cacao sur l’Intercontinental Exchange (ICE) ont grimpé à des sommets historiques, flirtant avec les 10 000 livres par tonne métrique vendredi dernier. Cette ascension fulgurante témoigne de la vigueur d’une demande qui semble insensible aux récentes envolées des prix. À Londres, le cacao livraison juillet a progressé de 0,3% à 9 450 livres la tonne métrique, après une impressionnante hausse de 9,7% jeudi. Un nouveau sommet a été atteint à 9 947 livres la tonne, marquant ainsi une étape majeure pour le marché.
Les données révélées jeudi dernier ont confirmé une augmentation surprenante de 3,6% du traitement du cacao en Amérique du Nord au premier trimestre, surpassant de loin les prévisions pessimistes des analystes. De même, la transformation du cacao en Europe et en Asie a surpassé les attentes, soulignant une demande internationale robuste.
Malgré ces succès, une ombre plane sur l’enthousiasme général. Les prix du cacao ont triplé au cours des sept derniers mois, et selon les experts de Czarnikow, cette tendance à la hausse pourrait se prolonger sur environ un an et demi, alimentée par des spéculations autour d’un quatrième déficit consécutif pour la prochaine saison.
Cependant, cette prospérité ne profite pas nécessairement aux producteurs. Les agriculteurs de Côte d’Ivoire et du Ghana, principaux fournisseurs mondiaux, ne devraient pas récolter les fruits de ces prix records avant 18 mois, en raison des politiques commerciales restrictives de leurs gouvernements respectifs. Cette réalité crée un contraste saisissant entre les fortunes florissantes des marchés internationaux et les défis persistants auxquels sont confrontés ceux qui produisent la denrée. À New York, le cacao de juillet a légèrement reculé à 10 928 dollars la tonne, après avoir culminé à un record de 11 578 dollars la tonne.
Dans cette frénésie du cacao, entre records éclatants et frustrations palpables, il est crucial de garder à l’esprit les véritables enjeux de cette industrie qui, malgré ses sommets vertigineux, ne parvient pas toujours à apporter les bénéfices escomptés à ceux qui la font pousser.



