WARA a rehaussé la notation de long terme en devise régionale d’ONATEL à ‘BBB‘. Cette notation se situe un cran en-dessous du plafond souverain burkinabè, lequel s’établit – selon WARA– à ‘BBB+’. Par ailleurs, WARA a affirmé la notation de court- terme d’ONATEL à ‘w-4’. La perspective attachée à cette notation est stable.
A titre de référence, les notations en devises internationales que WARA assigne à
ONATEL sont : iB/Stable/iw-6.
Cotée depuis 2009 au premier compartiment du marché des actions de la Bourse
Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), la société est un opérateur global et
leader des télécommunications au Burkina Faso ; elle offre une gamme
complète de produits et services. L’activité d’ONATEL regroupe principalement la
téléphonie fixe, l’Internet et la téléphonie mobile.
Le seuil des 7 millions d’abonnés a été franchi depuis 2016. En 2017, on observe
une hausse du nombre de clients de 3% par rapport à 2016, le segment mobile
demeurant le principal moteur de la croissance d’ONATEL. La base clients
d’ONATEL pour les segments fixe, mobile et internet continue de se développer
et s’établit à fin décembre 2017 à près de 7,3 millions de clients. En 2017, le chiffre
d’affaires d’ONATEL s’élève à 162,7 Mds FCFA sous l’effet de bonnes initiatives
commerciales qui s’appuient sur des produits et services innovants, sur la
fidélisation de la clientèle et surtout sur l’amélioration continue de la qualité de
service.
La notation intrinsèque d’ONATEL (BBB) s’appuie essentiellement sur les facteurs suivants :
Points forts
Une activité générant une forte rentabilité, ce qui permet à ONATEL de dégager une capacité d’autofinancement confortable pour financer une partie de ses investissements, comprimer son endettement et distribuer des dividendes.
Le soutien opérationnel au quotidien de Maroc Télécom, qui apporte à ONATEL une vision claire sur le renforcement de sa compétitivité et sur les chantiers à mettre en place pour atteindre ses objectifs.
Une expertise avérée sur le marché des services de télécommunication, issue de son statut d’opérateur historique. La société est propriétaire des lignes fixes du pays et ses infrastructures procurent la meilleure couverture réseau du territoire burkinabè.
Points faibles
ONATEL est un opérateur domestique, dont l’activité est naturellement concentrée, ce qui la place en situation de vulnérabilité vis-à-vis des enjeux macroéconomiques du Burkina Faso, notamment vis-à-vis d’un risque social qui a déjà par le passé fragilisé l’activité d’ONATEL.
Un héritage du passé d’ONATEL en tant que société publique lourd à porter : i) une image et des infrastructures vieillissantes qui nécessitent des investissements d’entretien et de modernisation ;
ii) un état de sureffectif dont la résorption demandera du temps ; et iii) une mission de service public imposée par le régulateur pour continuer à fournir à la population burkinabè les services de téléphonie fixe sur tout le territoire, et ce malgré sa faible utilisation.
Un environnement réglementaire et fiscal instable qui ponctionne régulièrement les résultats des opérateurs télécoms du Burkina Faso. De nouvelles taxes sont régulièrement imposées aux opérateurs, et des amendes sont prélevées pour le non-respect d’un cahier des charges perçu comme très strict.
La perspective attachée à la notation d’ONATEL est stable. WARA justifie cette perspective stable par le fait que même si les forces concurrentielles du secteur des services de télécommunication au Burkina Faso sont très intenses entrainant une légère dilution de ses parts de marché, ONATEL devrait y conserver une place prépondérante.
Cette perspective stable est aussi expliquée par la stratégie commerciale de la société ainsi
que les investissements qu’elle réalise afin de maintenir sa compétitivité tout en restant innovante.
Le rehaussement de la note d’ONATEL trouve son origine en partie par l’élargissement de sa gamme de produits (Mobicash, 4G) qui permet à l’entreprise de mieux diversifier les services proposés à sa clientèle.
L’autre élément important à souligner est la capacité de résilience d’ONATEL qui a su traverser la crise sociale qui l’avait ébranlée en fin 2016. A tout cela s’ajoutent les performances financières robustes observées ces cinq dernières années.
Une amélioration de la notation d’ONATEL dépendrait:
i) d’une amélioration de la notation du Burkina Faso, ce qui paraît peu probable à court terme ;
ii) du gain significatif et durable de parts de marché dans la téléphonie mobile pour creuser l’écart avec la concurrence ;
iii) de la modernisation des infrastructures pour améliorer sensiblement la qualité du réseau ;
iv) de la réduction du déficit de l’activité fixe, notamment par l’action combinée d’un développement de cette partie du chiffre d’affaires et par une réduction des charges
de personnel ;
et v) d’une amélioration des délais de recouvrement des créances clients.
Une détérioration de la notation d’ONATEL serait la conséquence:
i) d’une détérioration significative et durable des résultats d’ONATEL par une baisse de sa part de marché et de son chiffre d’affaires;
ii) de la matérialisation du risque social ou politique au Burkina Faso, ce qui pourrait durablement fragiliser l’économie nationale et l’activité d’ONATEL ; ou
iii) de l’augmentation de la pression juridique et fiscale qui pourrait porter préjudice à l’activité d’ONATEL.
A titre de référence, WARA estime que la probabilité d’occurrence des scénarios favorables est égale à celle des scénarios défavorables à moyen terme, ce qui signifie en d’autres termes que la notation actuelle d’ONATEL contient autant de possibilités de rehaussement que de risques d’abaissement.



