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Burkina Faso : la retenue à la source de la TVA passe de 20% à 30%

Par Louceni Compaoré, Ouagadougou. Le tour de vis fiscal se resserre à Ouagadougou. En 2026, les autorités du Burkina Faso actent un durcissement majeur du dispositif de collecte de la TVA : la retenue à la source passe officiellement de 20% à 30%. Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà marquée par une pression…

Par Louceni Compaoré, Ouagadougou.

Le tour de vis fiscal se resserre à Ouagadougou. En 2026, les autorités du Burkina Faso actent un durcissement majeur du dispositif de collecte de la TVA : la retenue à la source passe officiellement de 20% à 30%.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà marquée par une pression fiscale inédite sur les contribuables. La Direction générale des impôts, première régie de recettes du pays, avait alors intensifié ses opérations de recouvrement et de contrôle.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 18 494 avis de mise en demeure émis,
  • 34 823 avis de recouvrement,
  • 88 377 relances adressées aux contribuables défaillants,
  • 2 974 avis à tiers détenteurs transmis,
  • 8 233 enquêtes fiscales réalisées,
  • 3 631 contrôles fiscaux effectués.

Jamais auparavant l’administration fiscale burkinabè n’avait déployé un arsenal aussi large pour sécuriser ses recettes.

Avec le relèvement de la retenue à la source de la TVA à 30%, l’État franchit une nouvelle étape. L’objectif est clair : améliorer la mobilisation des ressources internes, réduire l’évasion fiscale et garantir une collecte plus immédiate de l’impôt, dans un contexte budgétaire sous tension.

Pour les entreprises, notamment les PME et les acteurs du secteur informel en cours de formalisation, cette mesure constitue toutefois un choc de trésorerie potentiel. La hausse du prélèvement en amont risque de peser sur les marges, la liquidité et la capacité d’investissement.

Au-delà de l’aspect technique, ce changement traduit une stratégie assumée : faire de la fiscalité un pilier central du financement public, dans un environnement marqué par la raréfaction de l’aide extérieure et les contraintes sécuritaires.

Après une année 2025 sous haute surveillance fiscale, 2026 s’annonce donc comme celle de la consolidation budgétaire par la contrainte. Pour les contribuables burkinabè, le message est sans ambiguïté : la tolérance fiscale appartient désormais au passé.

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