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Burkina Faso: incendie de l’ambassade de France et psychose (décryptage)

Le Burkina Faso est depuis le 30 septembre 2022 le théâtre d’un drôle de coup d’Etat à la Samuel Doe perpétré  par des éléments encagoulés d’une armée en débandade. L’on se croirait dans le roman “Pleurer-Rire” de Henri Lopes.  Des jeunes officiers ont arraché le pouvoir des mains du fantasque lieutenant colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé…

Le Burkina Faso est depuis le 30 septembre 2022 le théâtre d’un drôle de coup d’Etat à la Samuel Doe perpétré  par des éléments encagoulés d’une armée en débandade. L’on se croirait dans le roman “Pleurer-Rire” de Henri Lopes. 

Des jeunes officiers ont arraché le pouvoir des mains du fantasque lieutenant colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé à la tête du pays huit mois plutôt dans les mêmes conditions avec l’éternelle promesse- un disque raillé au Sahel -de combattre le terrorisme.

Aujourd’hui introuvable, Damiba est une des nombreuses incarnations d’une armée mexicaine spécialisée en rhétorique et en débandade.

Dépossédée de 60% de son territoire, l’armée burkinabé est en faillite à l’image de la vingtaine d’éléments de l’unité des forces spéciales annonçant le coup d’Etat à la télévision,  visages encagoulés de peur sans doute d’être reconnus ?

Ce nouveau coup d’Etat à la fois  tragique et comique rebat en tout cas les cartes d’une transition négociée en juillet dernier par  la CEDEAO.  Après moult palabres, l’armée s’était engagée, rappelons-le, à retourner dans les casernes en juillet 2024. Un délai aujourd’hui caduc.

Évidemment la communauté internationale ne peut cautionner la confiscation des institutions et la prise de pouvoir par la force des kalachnikov.  Quel panafricanisme s’en féliciterait ? 

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat a condamné samedi « le changement anti constitutionnel de gouvernement » au Burkina Faso. Idem pour l’Union Européenne. Le coup de force « met en danger les efforts engagés depuis plusieurs mois, notamment de la part de la Cédéao, afin d’encadrer la Transition », a déploré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué. 

Le  coup  du 30 septembre à Ouagadougou  sonne le hallali d’un dispositif anti-putsch de la CEDEAO (le fameux protocole additionnel de la démocratie et des droits de l’homme ) qui a besoin, plus que jamais, d’une force militaire collective pour arrêter l’épidémie de  la confiscation de la démocratie. 

Les incantations et les balais incessants des émissaires de la CEDEAO le montrent bien, la loi sans la force est impuissante. Sans dissuasion argumentée, les putschistes ne lâcheront pas prise. Comme son prédécesseur, le nouvel homme fort du Burkina Faso annonce lui aussi la suspension des institutions. Retour à la case départ ?

Pendant ce temps, les terroristes avancent. La population du Burkina Faso est prise en étau entre des  groupuscules opiniâtres et les éléments d’une armée plus motivés dans la conquête du pouvoir que dans la reconquête du territoire perdu. 

Le constat est clair : l’armée burkinabé perd pied  devant les terroristes sur tous les fronts mais s’accroche au pouvoir. Derrière les discours, git la réalité nue. 

Les officiers candidats  aux délices de Koysam sont aussi nombreux que ceux motivés par la défense du territoire sont rares. Les Nouveaux  putschistes ne sont ni pro-Macron ni pro-Poutine mais plutôt pro Koysam. 

Moins de 24 heures après l’annonce du putsch, le meneur, Ibrahim Traoré, jusqu’à présent chef de corps du Régiment d’artillerie de Kaya, dans le nord du pays, pointe  du doigt la France, accusée d’aider Damiba dans la préparation d’une contre-offensive. 

Dans une brève allocution télévisée, des militaires toujours encagoulés ont déclaré que l’ex chef de la junte « se serait réfugié au sein de la base française à Kamboinsin pour « semer le trouble au sein de nos forces de défense et de sécurité ». 

Le ministère des Affaires étrangères français a réagi dans un communiqué démentant  formellement toute implication dans les évènements en cours au Burkina. « Le camp où se trouvent nos forces françaises n’a jamais accueilli Paul-Henri Sandaogo Damiba, pas davantage que notre ambassade.»

Dans la rue, des jeunes désœuvrés s’en sont  pris  à l’ambassade de France, tentant de d’enfoncer les entrées et incendiant l’enceinte. Les nouveaux putschistes qui redoutent un affrontement avec les pro Damiba désignent donc un bouc émissaire idéal à un peuple à qui ils doivent des comptes pour avoir déserté le champ de guerre.

Mais pas  plus que le monstre de Loch Ness, l’on ne pense pas qu’il existe une riposte Damiba en cours de “téléchargement”.

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