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Brice Clotaire Oligui Nguema : sa garde rapprochée

Arrivé au pouvoir à la faveur d’un putschmilitaire qui, le 30 août 2023, a renversé plus d’un demi-siècle de dynastie Bongo, Brice Clotaire Oligui Nguema assure une forme de continuité au sein de l’appareil d’Etat gabonais sur fond de révolution douce. Bien qu’en rupture nette avec son prédécesseur et l’ancien régime, il s’appuie, pour gouverner, sur plusieurs réseaux et figures en vogue sous les précédentes présidences ainsi que…

Brice Oligui Nguema, président de la République Gabonaise. Illustration DR

Arrivé au pouvoir à la faveur d’un putschmilitaire qui, le 30 août 2023, a renversé plus d’un demi-siècle de dynastie Bongo, Brice Clotaire Oligui Nguema assure une forme de continuité au sein de l’appareil d’Etat gabonais sur fond de révolution douce. Bien qu’en rupture nette avec son prédécesseur et l’ancien régime, il s’appuie, pour gouverner, sur plusieurs réseaux et figures en vogue sous les précédentes présidences ainsi que plusieurs personnalités ayant émergé sous le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI). 

Natif du Haut-Ogooué, cet ancien patron de l’influente Garde présidentielle « GP » a servi sous Omar Bongo et Ali Bongo. Parent éloigné des deux premiers présidents du Gabon, à la tête du pays de 1967 à 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema connait, à ce titre, tous les arcanes politiques, les jeux d’alliances ainsi que les équilibres ethno-politiques fragiles à respecter. Son pouvoir repose sur un savant dosage entre rupture et continuité. Loin d’être personnalisé, ce régime militaro-présidentiel est constitué de plusieurs cercles imbriqués des fidèles de la première heure, de loyautés professionnelles et d’alliances née d’une rupture avec l’ancien régime. 

Qu’ils soient à la tête des Renseignements, de l’Etat-major militaire ou des structures de sécurité, ces éléments participent de la stabilité du régime et de son basculement progressif vers une nouvelle ère politique.    

I. Les sécurocrates

Ulrich Manfoumbi Manfoumbiun fidèle parmi les fidèles

A 50 ans, Ulrich Manfoumbi Manfoumbiest la nouvelle pièce maîtresse du régime issu du putsch de 2023. Il est l’un des plus proches collaborateurs et ami du chef de l’Etat. Il fut notamment le porte-parole du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) durant cette période qui déboucherasur la présidentielle de 2025. 

Officier issu du Régiment de commandement d’appui et de soutien de l’armée de terre (RCAS), il accomplit sa formation militaire au Sénégal où il rejoint le Prytanée Militaire de Saint-Louis après quoi il intègre les Forces armées de défense gabonaises. Il passe par la suite par l’Académie Royale militaire de Meknès (Maroc) et l’Ecole d’Application de l’Infanterie de Thiès, mais aussi l’École de guerre de Paris.

Il commande le camp militaire Baraka de Libreville lorsque le président Oligui Nguema réalise son coup. C’est ce colonel qui lit en direct à la télévision le premier communiqué du CTRI mettant fin au régime Bongo. Il est ensuite nommé ministre des Nouvelles technologies de l’information et de la communication puis ministre chargé de missions à la présidence de la République. En janvier 2026, il est confirmé, comme ministre d’Etat, au portefeuille stratégique des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique. Il est le n°2 du gouvernement dans l’ordre protocolaire. 

Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a par ailleurs été nommé vice-président, pour la province de la Nyanga, de la formation du chef de l’Etat, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), ce qui souligne sa très forte proximité avec le chef de l’Etat.

Macaire Nembe, le loyaliste

Originaire de Moanda, le lieutenant-colonel Macaire Nembe occupe le poste de chef du cabinet militaire avec rang de conseiller spécial.  Cet officier a gagné progressivement son influence dans les premiers cercles présidentiels. Il permet de contrebalancer le pouvoir d’Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Maurice Ntossui Allogo, ministre des Eaux et forêts

Originaire de Bitam, Maurice Ntossui Allogo, 52 ans, détient depuis septembre 2023 le portefeuille stratégique des Eaux et Forêts. Il est maintenu à ce poste après la présidentielle de 2025. Fonction qu’il cumule avec celle de directeur du cabinet militaire du chef de l’Etat.

Ce militaire saint-cyrien également diplômé de l’Ecole d’Etat-major de Libreville rejoint l’United States Army War College pour parfaire sa formation. Il intègre également plusieurs missions onusiennes de maintien de la paix (Fomuc, Minusca…). Il est chef d’État-Major adjoint de l’armée de terre chargé des opérations lors du coup d’Etat d’août 2023 auquel il participe en contestation de la réélection contestée d’Ali Bongo.

Il est, par la suite, nommé ministre des Eaux et Forêts chargé de la préservation de l’Environnement, du Climat et du Conflit homme-faune. A la suite du remaniement du 17 janvier 2024, il conserve le portefeuille réduit de l’Environnement, du Climat et du Conflit homme-faune. Il est confirmé à ce poste après le 5 mai 2025 et, lors du remaniement de janvier 2026, récupère le volet Environnement et du Climat. Fidèle parmi les fidèles du chef de l’Etat, il cumule ses fonctions ministérielles, il cumule cette fonction avec celle de directeur de cabinet militaire du chef de l’Etat.

Gérard Ondjambi Onguia, secrétaire général du CNS

Originaire de Léconi dans la province du Haut-Ogooué, Gérard Ondjambi Onguia est l’un des rares civils à occuper un poste sécuritaire. Patron du Conseil national de sécurité (CNS), structure affaiblie par le régime d’Ali Bongo Ondimba, mais relancée par l’actuel pouvoir, ce proche du chef de l’Etat était sénateur lors du coup d’Etat d’août 2023. 

Devenu député durant la transition, cet ex-DRH de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG), de 2014 à 2017, est secondé dans sa fonction par le général de brigade Parfait Moukady, ex-membre du CTRI.

Brigitte Onkanowa, ministre de la Défense

Native d’Okondja dans le Haut-Ogooué, Brigitte Onkanowa est militaire de carrière. Elle a accompli son parcours au sein de la gendarmerie gabonaise, corps où elle est promue générale de Brigade, en 2018. En dissidence avec le pouvoir d’Ali Bongo, elle soutient de putsch de 2023, et accompagne la transition de bout en bout. Membre du CTRI, elle est l’une des rares femmes à faire partie de ce comité et est nommée ministre déléguée à la Défense dans le gouvernement de transition avant d’être officialisée à ce poste à partir de janvier 2024. 

Brigitte Onkanowa participe au Comité Constitutionnel National (CNN) chargé de préparer la Constitution de la Vème République. Le 2 janvier 2024, le chef de l’Etat lui donne un galon supplémentaire avec le grade de générale de division. Après la présidentielle d’avril 2025, elle est confirmée à son poste.

Elle est remplacée au commandement de la Gendarmerie par le général de division originaire du Haut-Ogooué, Yves Barassouaga, autre des éminences grises du putsch de 2023.

Antoine Balekidra, patron de la puissante « GP »

Après sa prise de pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema a conservé son poste de patron de la Garde Républicaine – GR. Antoine Balekidra était alors son adjoint. Mais les charges de l’Etat imposent au tombeur d’Ali Bongo de céder sa place. Son poste est attribué à son second, le 14 mai 2025, après une cérémonie officielle de transfert d’autorité, à Libreville. Originaire du Haut-Ogooué, Antoine Balekidra, diplômé d’études militaires en Chine, est l’homme de confiance du chef de l’Etat. A la tête de ce corps d’élite chargé de la protection du président de la République, il domine, par les moyens mis à sa disposition, l’édifice sécuritaire du Gabon. 

La GR a vu ses missions élargies depuis 1996. Elle est chargée d’assurer, de façon permanente, la sécurité et la protection du président de la République, à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national, et d’assurer conjointement avec les autres Forces de défense et de sécurité, la protection de certaines hautes personnalités de l’État, des personnalités étrangères en visite au Gabon, des responsables politiques, ainsi que des biens et des édifices publics.

Bernard Gnamankala, le maître espion

Directeur sortant de la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI), le général Bernard Gnamankala a été nommé à la tête du Service d’Interception et de Liaison des Affaires Militaires (Silam) en mars 2026. Il remplace l’indéboulonnable Français, Jean-Charles Solon, qui a dirigé ce service pendant treize ans. Logé au palais du Bord de mer depuis la période d’Omar Bongo Ondimba, cette structure est le centre névralgique du renseignement et le système stratégique d’interception et de communication de la présidence. 

Fils du général Laurent Gnamankala, Bernard Gnamankala est un autre homme de confiance du chef de l’Etat. Il se retrouve à un poste stratégique du renseignement. Sa mission principale consiste à surveiller et écouter les communications nationales, ce qui permet à l’État de détecter les menaces potentielles visant à déstabiliser le pays.

Théophile Ndounda Leboussi, patron des renseignements

Le colonel Théophile Ndounda Leboussi a été officiellement nommé, en mars 2026, nouveau DG de la Direction Générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI) en remplacement du général Bernard Gnamankala. 

Egalement connu sous le nom de Cedoc, cet autre service de renseignements est chargé de la délivrance de passeports, des cartes de séjour et des cartes nationales d’identité ainsi que des visas d’entrée et de sortie du Gabon.

Davy Steve Yalis, le sécurocrate controversé

La Direction générale des Services Spéciaux (DGSS), que le chef de l’Etat a dirigée du 2019 à 2020, est piloté, depuis septembre 2023, par Davy Steve Yalis après refonte totale de l’appareil sécuritaire du pays. Acteur du putsch de 2023, il cumule avec la fonction de chef de cabinet au sein de la Garde présidentielle « GR ». Il remplace Césaire Kourakou Babulas, collaborateur de l’ancien patron de la DGSS, Frédéric Bongo. 

Davy Steve Yalis est visé par plusieurs affaires dont les plaintes déposés par l’ancienne première dame Sylvia Bongo et son fils Nourredin, après leur mise en résidence durant plusieurs mois au lendemain de l’arrivée au pouvoir de Brice Nguema.

II. Les héritiers et gestionnaires 

Non économiste et non technocrate, Brice Oligui Nguema s’est entouré d’anciens hauts fonctionnaires ayant servi les précédents régimes dont beaucoup sont entrés en dissidence, notamment à partir de 2016, dans le contexte contesté du second ou du 3èmemandat d’Ali Bongo, en 2023. Ce cercle gouverne le pays, engage et exécute la politique du chef de l’Etat tout en servant d’interface avec les partenaires internationaux.

Alexandre Barro Chambrier , le pilier du régime

Nommé vice-président début 2026, Alexandre Barro Chambrier « ABC » est la figure incontournable du pouvoir d’OliguiNguema. Né à Paris, ce docteur en Sciences Economiques de Science Po Paris – diplôme obtenu sous la direction de Raymond Barre –, débute sa carrière à Washington, au sein du Fonds Monétaire International (FMI) dont il devient progressivement l’un des administrateurs. Il gère à ce poste quelque 24 pays africains dont le Gabon. Il est également administrateur à l’Institut International pour l’Afrique (IIA) structure créée à Washington par Alassane Ouattara. A son retour au Gabon, il entame une carrière ministérielle qui l’amènera à occuper plusieurs postes stratégiques comme ministre délégué auprès du ministre du Développement, de la Performance publique, de la Prospective et de la Statistique et ministre des Mines, du pétrole et des hydrocarbures. 

Parallèlement, Alexandre Barro Chambrier mène une activité politique prolixe au sein du Parti démocratique gabonais (PDG), parti au pouvoir qu’il intègre en 1988. Il en est membre du bureau politique lorsqu’il quitte cette formation, en 2016, en raison de divergence avec la politique du parti présidentiel et sa gestion, en interne. Entré en dissidence du pouvoir d’Ali Bongo, il créé sa propre formation : le Rassemblement-Héritage et Modernité (RPM) et rejoint ainsi l’opposition au président Ali Bongo réélu en 2016 dans des conditions contestées. 

Alexandre Barro Chambrier se porte candidat à la présidentielle de 2023 avant de retirer sa candidature au profit d’Albert Ondo Ossa désigné comme le candidat unique de l’opposition. La chute d’Ali Bongo fait de cet ancien apparatchik du système devenu opposant une personnalité en vue sous le régime de Brice Oligui Nguema qui aime en lui sa probité. Les deux hommes entretiennent une parfaite confiance réciproque. 

En janvier 2024, le premier ministre de transition Raymond Ndong Sima nomme Alexandre Barro Chambrier vice-premier ministre chargé de la Planification et de la Prospective. Il devient par la suite vice-président du gouvernement puis, le 1er janvier 2026, vice-président de la République. Outre son engagement dans la lutte contre la corruption, le président Oligui Nguema salue son engagement pour assainir les finances publiques. En tant que vice-président, Alexandre Barro Chambrier serait constitutionnellement appelé à prendre la tête du pays en cas de vacance du pouvoir. 

Séraphin Moundounga, d’Ali Bongo à BriceClotaire Oligui Nguema

Né en 1964 à Tchibanga, dans la province de la Nyanga, Séraphin Moundounga, 62 ans, est, avec Alexandre Barro Chambrier, l’autre cheville ouvrière du régime ayant permis de porter Brice Clotaire Oligui Nguema sur les fonts baptismaux politiques. Ce docteur en droit public de l’Université de Grenoble, en France, précède d’ailleurs ce dernier comme vice-président du Gabon de mai 2025 à janvier 2026. 

Longtemps député du PDG, alors parti présidentiel, avant de devenir le secrétaire du groupe parlementaire de la formation majoritaire à l’Assemblée nationale puis premier questeur, il emporte plusieurs postes ministériels sous la présidence d’Ali Bongo. Nommé ministre de l’Education nationale dans le gouvernement de Raymond Ndong Sima, il est également ministre de la Justice et Garde des Sceaux dans celui de Daniel Ona Ondo. 

En 2016, il claque la porte du Parti Démocratique Gabonais (PDG) après des désaccord sur sa ligne interne jugée de plus en plus radicale, mais aussi les conditions de la réélection d’Ali Bongo, en août 2016. Un scrutin caractérisé par de nombreuses violences, notamment post-électorale. 

Son intégrité physique étant menacée, il s’exile en France durant plusieurs années. Dans l’Hexagone, il fonde l’Union pour la nation, l’intégrité, le travail et l’égalité » (Unité), association dont l’objectif est de promouvoir la démocratie et l’état de droit au Gabon. Le coup d’Etat de 2023 lui offre l’opportunité de revenir et de rejoindre le premier cercle présidentiel. Dès son retour, il se voit confier la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de la Transition, organisme consultatif rendant des avis sur la manière dont le pays est géré. A la suite de l’élection de Brice Oligui Nguema, le 5 mai 2025, Séraphin Moundounga est nommé vice-président, fonction qu’il quitte le 1er janvier 2026 au profit d’Alexandre Barro Chambrier.

Raymond Ndong Sima, l’artisan de la transition

Originaire de la province du Woleu-Ntem, Raymond Ndong Sima, 61 ans, a été premier ministre sous la présidence Ali Bongo, de février 2012 à janvier 2014 puis au lendemain du putsch d’Oligui Nguema, du 7 septembre 2023 au 4 mai 2025. Brice Clotaire Oligui Nguema s’est largement appuyé sur cet homme expérimenté, en rupture de ban avec l’ancien régime, pour asseoir politiquement son pouvoir. Ministre de l’Agriculture sous Ali Bongo, ce passionné d’art martiaux fut également longtemps député. 

C’est la première personnalité originaire du Woleu-Ntem à occuper la primature, ce poste étant traditionnellement dévolu à un fang de l’Estuaire. Remercié début 2014, il laisse son poste de ministre à Daniel Ona Ondo. Un an plus tard, il quitte le Parti Démocratique Gabonais (PDG) estimant que cette formation n’encourage pas le dialogue en interne. Candidat à la présidentielle de 2016, il n’obtient officiellement que 0,4% des voix. Il brigue également le scrutin de 2023 avant de s’effacer au profit d’Albert Ondo Ossa, candidat unique de l’opposition désigné par le collectif « Alternance 2023 ». 

Nommé premier ministre de la Transition, le 7 septembre 2023, Raymond Ndong Sima assure la continuité de l’Etat dans cette période charnière de transition vers une Vème République et après un règne de 56 ans de la famille Bongo. Bien que non candidat à cette élection à la présidentielle de 2025, il forme l’Alliance patriotique qui se place dans l’orbite du pouvoir. Il quitte son poste le 4 mai 2025, la nouvelle Constitution supprimant le poste de premier ministre, mais reste très écouté par le président gabonais. Début 2026, il est nommé à la tête de la Société Agro-Pastorale du Gabon (Agropag). 

Hermann Immongault, l’homme de confiance


Né à Lastrouville dans l’Ogooué-Lolo, Hermann Immongault, 54 ans, est le dernier chef de la diplomatie d’Ali Bongo. Il devient ministre de l’Intérieur au lendemain du putschde 2023, puis de la Défense avant d’être nommé vice-président du gouvernement. A ce poste il fait office de premier ministre, fonction disparue sous la Vème République, et de coordonnateur de l’équipe gouvernementale.

Diplômé en relations internationales de l’IEP de Paris, il officie dans la diplomatie en étant notamment brièvement le ministre des Affaires étrangères du Gabon dans l’éphémère gouvernement de Bilie-By-Nze II. Il occupe cette fonction jusqu’à la chute du régime. Par la suite, il fait partie des trois derniers ministres d’Ali Bongo nommés dans le gouvernement de transition comme ministre délégué auprès de la Présidence chargé de l’Intérieur et de la Sécurité. En janvier 2024, il est nommé ministre plein à la faveur du remaniement alors que Brice Clotaire Oligui Nguema se défait des portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur. Il est maintenu au même poste après l’élection de l’actuel chef de l’Etat. Le 1er janvier 2026, Hermann Immongault est nommé vice-président du gouvernement en remplacement d’Alexandre Barro Chambrier, nommé vice-président du Gabon.

Mays Mouissi, la société civile au gouvernement

Né à Ndendé dans la Ngounié, Mays Mouissi, 40 ans, est le neveu de Pierre Mamboundou, opposant historique de la famille Bongo. Ce diplômé en gestion financière de la Paris School of Business et de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar fait ses premiers pas dans le domaine bancaire. Il travaille notamment pour les filiales du Crédit Agricole, du groupe BNP-Paribas et le cabinet de conseils Novaminds avant d’être nommé responsable éthique et conformité du groupe français Carrefour. 

Son entrée en politique remonte à 2009 avec le soutien apporté à son oncle, candidat à la présidentielle, patron de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), qui décèdera en 2011. Il s’inscrit ouvertement dans l’opposition au président Ali Bongo pour la présidentielle de 2016. Figure de la société civile, Mays Mouissi est reçu au palais du bord de mer après le putsch de 2023. IL intègre le gouvernement de Raymond Ngond Sima, comme ministre de l’Economie et des Participations. Al a suite du remaniement de janvier 2025, il quitte son département pour celui de l’Environnement et du Climat, poste qu’il occupe toujours après la présidentielle d’avril. Fidèle du chef de l’Etat, il devient parallèlement le secrétaire générale de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), la formation présidentielle. 

Désigné secrétaire général de l’UDB au lendemain de la création de la formation présidentielle en juillet 2025, il est maintenu au gouvernement comme ministre du Logement, de l’habitat, de l’urbanisme et du cadastre, à partir de janvier 2026.

III. Conseillers et hommes de l’ombre

Pierre Duro, le « Monsieur » dette

Né à Aurillac, en France, Pierre Duro, 77 ans, est le conseiller présidentiel écouté principalement sur les questions touchant à la dette et à l’évaluation des grands contrats. Homme d’affaires et expert judiciaire, il est influent dans les rouages de l’Etat gabonais depuis plusieurs décennies. 

Malgré sa proximité avec les régimes Bongo, le chef de l’Etat fait appel à cet expert, spécialiste des marchés publics, pour auditer la dette publique du pays après son putsch. 

Ce grand sportif a par ailleurs créé la Fédération gabonaise de Rugby. Figure influente de l’Etat gabonais, Pierre Duri est également à la source de polémique, certains observateurs lui prêtant d’être à l’origine de nombreuses tensions avec les entreprises étrangères, notamment françaises, présentes au Gabon.

Augustin Emane, le juriste

Né à Lambaréné, Augustin Emane, 63 ans, est spécialiste de la protection sociale et des questions de santé. Son doctorat en droit, obtenu à l’Université de Nantes et sa profession d’avocat exercée dans la même ville français et au Gabon lui permettent cependant, début 2026, le poste de ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargé desDroits Humains. Il remplace à ce poste un autre natif de Lambaréné, Séraphin Akure-Davain. 

Augustin Emane est proche de d’Aurélien Marcel Mintsa Nguema, demi-frère du chef de l’Etat et trésorier de l’Union des Démocrates Bâtisseurs (UDB), ainsi que du lieutenant-colonel Pierre Bibang Bi Nguema, autre demi-frère commandant de la SIS au sein de la Garde Républicaine.

Dieudonné Aba’a Owono, président de la Cour Constitutionnelle

Né à Oyem, dans le Woleu-Ntem, Dieudonné Aba’a Owono, 61 ans, est nommé à la tête de la Cour Constitutionnelle de transition et confirmé à ce poste après la présidentielle de 2025. 

Ce diplômé de l’Ecole de magistrature de Libreville, spécialiste des contentieux électoraux, succède à l’emblématique et inamovible Marie-Madeleine Mborantsuo, mère de deux enfants avec Omar Bongo, à ce poste depuis 1991. Il supervise la gestion des scrutins référendaire, présidentiel, législatif et sénatorial de 2025. 

Régis Onanga Ndiaye, président de l’Assemblée nationale 

Né à Port-Gentil, Régis Onanga Ndiaye, 58 ans, est ambassadeur du Gabon au Sénégal après avoir travaillé auprès de Jean Ping alors président de la Commission de l’Union Africaine, et de devenir chef de la diplomatie de 2023 à 2025. En novembre 2025, ce diplômé en sciences politiques de l’Université René Descartes, en France, est élu président de l’Assemblée nationale de la nouvelle République, une chambre forte de 145 membres. 

Nommé chef de la diplomatie après le putsch de 2023, il conserve son poste jusqu’en 2025. Candidat à la députation pour l’UDB, il remporte ce scrutin et démissionne de son poste de ministre. Il est élu président de l’Assemblée nationale ,le 17 novembre, au cours de l’installation du nouveau bureau exécutif.

Arthur Lemami, l’influent directeur de cabinet

Membre du noyau dur de la présidence, Arthur Lemami, juriste de formation et cousin du chef de l’Etat qu’il fréquente depuis son enfance, occupe le poste de directeur de cabinet civil à la présidence. 

Plutôt très discret, cet originaire du Haut-Ogooué, diplômé en droit public de l’Université de Montpellier, a une influence directe sur les dossiers d’Etat et les décisions présidentielles.

Murielle Minkoué Mezui, secrétaire générale de la présidence

Native de Libreville, Murielle MinkouéMezui, 56 ans, est devenue une figure devenue essentielle au sein du cercle présidentiel. Cette magistrate occupe actuellement le poste de secrétaire général du Palais du bord de mer. 

Entrée dans la magistrature à travers la cour des comptes, elle débute sa carrière comme auditrice puis devient, par la suite, présidente de la Cour des Comptes. Après le coup d’Etat de 2023, elle se voit proposer le poste de ministre des Réformes des Institutions. A ce titre, elle pilote les réformes institutionnelles majeures durant cette période et s’implique dans l’organisation du Dialogue national inclusif (DNI) qui suit la chute d’Ali Bongo. Elle est nommée secrétaire générale du Palais du bord de mer, le 8 mai 2025. 

Khalil Rihan, le relais des milieux d’affaires

Homme d’affaires d’origine libanaise intervenant dans des domaines très diversifiés (bâtiment, mines, énergie…), Khalil Rihan a l’oreille du chef de l’Etat et lui permet d’assurer la jonction avec les milieux d’affaires. Bien que dépourvu de tout poste officiel, il agit comme un interlocuteur informel des milieux économiques, mais joue également un rôle de facilitateur pour la signature de contrats, notamment au niveau international.

Mahamadou Bonkoungou, l’interface pour les contrats stratégiques

Patron du groupe diversifié Ebomaf, l’homme d’affaires burkinabè, Mahamadou Bonkoungou, a fait sa place au Gabon. Une ouverture au business qui lui permet de contrebalancer une moindre visibilité au Burkina Faso depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré. 

Très présent également et Togo et dans la sous-région ouest-africaine Mahamadou Bonkoungou, par ailleurs propriétaire de la compagnie Liz Aviation est particulièrement impliqué, au Gabon, dans le secteur du BTP. La présidence gabonaise le sollicite également pour renforcer ses équipements. L’homme d’affaires a notamment négocié, pour le compte du Gabon, l’achat d’hélicoptères destinés à l’armée.

IV. Cercle familial et de parentèle

Bien que le clan familial n’a pas dominé d’emblée les cercles du pouvoir, plusieurs personnalités issues du cercle parental de Brice Clotaire Oligui Nguema ont fait progressivement leur entrée au sein de l’Exécutif.


Zita Oligui Nguema, l’influente première dame

Née Nyangui, Zita Oligui Nguema, 48 ans, est la première dame depuis septembre 2023. Un statut devenu officiel avec l’élection de son mari à la tête du pays, en avril 2025. Native de Libreville, Zita Nguema a suivi ses études au Maroc en biologie végétale puis suit un cursus à l’Institut de formation douanière de Casablanca, où elle obtient un diplôme d’inspectrice centrale des douanes. Elle fait de ce secteur son domaine professionnel. Elle débute notamment à la Direction régionale des Douanes gabonaises en 2006, puis au Bureau central de Libreville, à l’aéroport international Léon-Mba. Zita Nyangui est inspectrice principale des douanes jusqu’en 2023. 

Zita Nguema s’implique dans les actions caritatives. Elle préside notamment l’Association des Epouses des Personnels de la Garde Républicaine (AEPGR) et de la Fédération des Associations des Epouses des Personnels des Forces de Défense (FAEPFD). Elle est aussi la présidente d’honneur de la Ligue des femmes de l’Union démocratique des bâtisseurs (LFUDB). Bien qu’en retrait de la politique, Zita Nguema a naturellement l’écoute de son mari. 

Pierre Bibang Bi Nguema, le demi-frère écouté

Demi-frère du chef de l’État, Pierre Bibang Bi Nguema a activement participé au putsch d’août 2023. Ce lieutenant-colonel dirigeait alors la Section d’Intervention Spéciale (SIS), unité d’élite de la Garde Républicaine. Il est parallèlement conseiller du président gabonais, notamment sur les questions sécuritaires.

Aurélien Marcel Mintsa Nguema, l’autre demi-frère diplomate

Autre demi-frère du président gabonais, Aurélien Marcel Mintsa Nguema, a été formé à l’École Nationale de la Magistrature du Gabon. Il a notamment exercé comme chef de missions de contrôle et auditeur financier à Strasbourg, en France, avant d’être nommé à la tête de la puissante Direction Générale du Budget et des Finances Publiques (DGBFIP) après le renversement d’Ali Bongo.

Remercié de ce poste en février 2026, il est, par la suite, nommé ambassadeur à New Delhi, en Inde. Il n’en reste pas moins une figure de la galaxie présidentielle. Trésorier de l’UDB, il promeut également le think-Tank « Pensée patriotique » dont l’objectif vise à soutenir la majorité présidentielle et de l’asseoir dans le nouveau paysage politique du Gabon. 

Marie-Edith Tassyla, la demi-sœur diplomate

Cheffe de la diplomatie, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny a déjà une longue carrière lorsqu’elle est nommé à ce poste, début 2026. A sa nomination, elle est ambassadrice du Gabon, en France, rue Raphaël, depuis deux ans. Elle fut également Secrétaire générale du ministre gabonais des Affaires étrangères et représentante du Gabon à l’Union Africaine (UA) sous la présidence d’Ali Bongo. Native du Haut-Ogooué, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny est la fille du général Jean-Pierre Doumbeneny, patron de la Gendarmerie sous Omar Bongo. 

Elle succède comme ministre à Régis Ndiaye. Cette diplômée en relations internationales, en France, accuse plus de vingt-ans d’expérience diplomatique. Elle est particulièrement écoutée par le chef de l’Etat. 

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