Suite au crash du Boeing 737 Max du vol Ethiopian Airlines ET302 du 10 mars 2019 , les assureurs Chubb Limited, leader mondial, et son broker Wilis Tower Watson, qui assurent la compagnie éthiopienne d’une part , et , d’autre part, la britannique Global Aerospace (qui assure Boeing, via le courtier March) ont l’oeil et l’oreille fixés sur les premières conclusions des enquêtes conjointes menées par les éthiopiens et les américains.
Il s’agit de la deuxième catastrophe impliquant un tel appareil, fleuron de Boeing, lequel a d’ailleurs vu son titre dévisser d’environ 6%, le 13 mars, à la clôture de la Bourse de New York suite à une série d’interdiction du B 737 Max dans plusieurs pays dont , notamment, la Grande Bretagne, l’Australie, la France, l’Allemagne et, entre autres, la Malaisie. Au moment de l’accident, quelque 350 appareils étaient fonctionnels à travers le monde. Si l’avionneur américain joue son avenir, les assureurs, eux, voient s’ouvrir une longue bataille d’expertise et de contre-expertise.
Les premiers sinistres au profit des familles et ayant droits des 157 passagers (dont 8 américains) morts dans le crash seront payés par les compagnies qui assurent Ethiopians selon les conventions de Varsovie et de Montréal. Les paiements seront plus importants si les familles portent plainte contre Boeing ou contre la compagnie aérienne éthiopienne devant la justice fédérale américaine.
A noter que la valeur assurée de l’appareil est de 50 à 60 millions de dollars. Aux USA, la moyenne de paiement en cas de sinistre aérien est de 2 à 3 millions de dollars par personne contre 200 000 dollars en Ethiopie.
Pour rappel, au sein de la zone de la Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (CIMA, 14 pays), les risques spéciaux impliquant l’aviation sont désormais les seuls que le législateur consent à laisser à 100% aux réassureurs étrangers (règlement CIMA n°5/2016 du 8 avril 2016).



