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Bénin : Romuald Wadagni, l’heure de vérité

Le Bénin ouvre un nouveau chapitre. En prêtant serment ce 24 mai devant la Cour constitutionnelle, Romuald Wadagni accède à la magistrature suprême avec un bilan économique dont les chiffres parlent pour lui — et une équation politique dont la résolution reste entière. Le nouveau chef de l’État hérite d’un pays transformé en moins d’une…

Le Bénin ouvre un nouveau chapitre. En prêtant serment ce 24 mai devant la Cour constitutionnelle, Romuald Wadagni accède à la magistrature suprême avec un bilan économique dont les chiffres parlent pour lui — et une équation politique dont la résolution reste entière.

Le nouveau chef de l’État hérite d’un pays transformé en moins d’une décennie. Sous la présidence de Patrice Talon, le Bénin a affiché une croissance moyenne supérieure à 6 % sur plusieurs exercices, culminant à près de 7,5 % en 2025, faisant du pays l’une des économies les plus dynamiques de l’UEMOA. Le ratio de pression fiscale, longtemps inférieur à 10 % du PIB, s’est progressivement rapproché des standards communautaires par élargissement de la base imposable. Les investissements publics dans les infrastructures ont franchi le cap des 2 000 milliards de FCFA sur la période, tandis que le Port autonome de Cotonou, poumon logistique national, traite désormais plus de 13 millions de tonnes de marchandises par an.

À cela s’ajoute la crédibilité financière patiemment bâtie sur les marchés. Le Bénin a réussi plusieurs opérations internationales majeures, dont un eurobond de 750 millions d’euros, consolidant sa stature de signature africaine de référence. La dette publique, contenue autour de 54 % du PIB, demeure sous le plafond communautaire de 70 %, même si sa soutenabilité dépendra désormais de la capacité à maintenir le rythme de croissance.

C’est cet héritage chiffré que Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances pendant près de 10 ans, est appelé à transformer en capital politique.

Car la vraie question n’est plus celle des agrégats macroéconomiques. Elle est celle de leur traduction sociale et, l’écrivions-nous, du ruissellement. Malgré les performances, près de 38 % de la population béninoise reste exposée à des formes de vulnérabilité économique, tandis que le secteur informel représente encore plus de 80 % de l’activité.

Le défi du nouveau président est limpide : convertir une croissance robuste en prospérité partagée.

Sa cérémonie d’investiture, marquée par la présence de 15 délégations étrangères, dont celles des trois États de l’AES, a également envoyé un signal diplomatique fort. Dans une sous-région traversée par les tensions sécuritaires et les recompositions politiques, le Bénin veut préserver son statut de pôle de stabilité et d’intermédiation.

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