Après une décennie de réformes consacrées à la consolidation macroéconomique, le bilan du président Talon sert aujourd’hui de tremplin à une ambition nouvelle. Au Palais des Congrès de Cotonou, le candidat Wadagni a dévoilé ce samedi 21 mars, lors d’une keynote, un programme 2026-2033 où la solidité macroéconomique qu’il a lui-même bâtie devient le moteur d’un bouclier social sans précédent. Sa promesse : utiliser la puissance de l’État moderne pour développer les territoires et créer des opportunités pour la jeunesse, sous la bannière « Plus Loin, Ensemble ».
Dans le paysage politique ouest-africain, le Bénin s’est distingué ces dix dernières années par une rigueur budgétaire et des investissements remarquables dans le développement et la modernisation des infrastructures. Si ces réformes ont restauré la crédibilité du pays, elles ont aussi parfois alimenté le sentiment d’un développement « par le haut », peinant à ruisseler jusqu’au panier de la ménagère. C’est précisément à cette critique latente que répond le programme de Romuald Wadagni. Ancien ministre de l’Économie et des Finances pendant une décennie, il incarne la preuve que les performances économiques ne sont pas une fin en soi, mais le moyen indispensable pour financer l’audace sociale d’aujourd’hui.
La santé, un droit, non un privilège : Le bouclier sanitaire d’urgence
Le premier pilier de ce pivot social s’attaque à l’insécurité sanitaire, angoisse majeure des populations. Après avoir modernisé les plateaux techniques (dont le CHIC), le candidat Wadagni instaurera une mesure de rupture : la prise en charge systématique des urgences vitales par un dispositif de paiement différé. Comme il l’a affirmé lors de la présentation de son projet : « Aller plus loin ensemble, c’est d’abord décréter que la dignité humaine n’est pas un luxe, mais un droit. » La philosophie est claire : « On vous soigne d’abord ». Aucune vie ne doit plus s’éteindre aux portes d’un hôpital faute d’argent immédiat.
Pour compléter ce dispositif de proximité, le programme prévoit le déploiement d’un SAMU social national. Conçu pour intervenir en urgence, orienter et accompagner les citoyens en situation de grande précarité, ce service incarne la vision d’un État qui ne se contente pas d’attendre dans des bureaux, mais qui va au-devant des plus vulnérables.
Restaurer la dignité rurale : Le nouveau contrat avec les paysans
Conscient que le monde rural s’est parfois senti oublié par la modernisation urbaine, le projet Wadagni-Talata propose un contrat historique avec ceux qui nourrissent la nation. Pour la première fois au Bénin, une retraite agricole couplée à un fonds de prévoyance (assurance récolte) sera instaurée. Cette mesure structurelle vise à sécuriser les revenus des agriculteurs face aux aléas climatiques et à garantir que celui qui a travaillé la terre toute sa vie ne mendie jamais ses vieux jours. Parallèlement, l’utilisation du Registre National des Ménages permettra d’apporter une aide d’urgence ciblée et exacte pour éradiquer l’extrême pauvreté en milieu rural.
L’éducation, ascenseur social universel : le pari de l’intergénérationnel
Le pivot social se joue également à l’école. Pour lutter contre le décrochage scolaire lié à la pauvreté, le candidat s’engage à porter les cantines scolaires à 100 % des écoles primaires publiques sur tout le territoire. Un repas chaud garanti pour chaque enfant, c’est l’assurance d’un meilleur apprentissage et d’un soulagement réel pour le budget des familles.
Enfin, pour briser les cycles de précarité, la gratuité de l’enseignement secondaire sera généralisée pour toutes les filles, partout au Bénin. Un investissement massif dans le capital humain féminin, considéré comme le levier le plus puissant de transformation sociale à long terme.
L’humain au cœur de la performance
En définitive, le programme de Romuald Wadagni opère une synthèse puissante. Il ne renie pas la performance économique qui a fait le succès du Bénin, mais il l’humanise. En proposant un bouclier social inédit, du paiement différé des urgences à la retraite agricole, Romuald Wadagni démontre que la véritable solidité d’une nation se mesure à la protection qu’elle offre à ses citoyens les plus fragiles.



