Le 3 juillet 2026 à Yaoundé, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a reçu une délégation de haut niveau du groupe technologique chinois, Huawei. Cette délégation était conduite par Fernando Liu, président de la division « Banque centrale » de Huawei Digital Finance. La rencontre entre les deux parties s’inscrit dans un contexte d’accélération des échanges entre la Chine et la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Lors de l’audience, Huawei a présenté sa vision à travers une communication intitulée « Renforcer la résilience, façonner une finance plus intelligente avec la BEAC ». Le groupe a mis en avant son expertise mondiale en transformation numérique des banques centrales.
Les échanges ont également porté sur l’usage d’une infrastructure cloud unifiée, de solutions d’intelligence artificielle et des technologies de monnaie numérique de banque centrale. Ces outils visent à améliorer l’efficacité opérationnelle, la sécurité et la transparence des systèmes financiers régionaux.
Le gouverneur de la BEAC a insisté sur « un impératif stratégique pour la zone CEMAC ». Pour lui, « il s’agit de capter et sécuriser les flux financiers issus d’échanges commerciaux croissants avec la Chine ».
Selon la banque centrale, l’objectif est d’atteindre une traçabilité totale des transactions entre la CEMAC et le partenaire chinois. Cette orientation vise à réduire les circuits informels, renforcer la transparence et consolider la souveraineté économique régionale.
La question de la résilience monétaire a également occupé une place centrale dans les échanges du 3 juillet 2026 à Yaoundé. Les discussions ont abordé « l’opportunité d’une diversification des réserves de change de la BEAC, avec l’intégration du yuan chinois comme monnaie de réserve ».
La Chine étant le premier partenaire commercial de la CEMAC, cette option présente un intérêt économique tangible. Elle permettrait de réduire les coûts liés aux conversions successives entre le franc CFA, l’euro, le dollar et le yuan.
Pour les autorités monétaires de l’Afrique centrale, cette évolution pourrait fluidifier le commerce bilatéral et améliorer la gestion des réserves. Elle devrait également limiter l’exposition aux chocs monétaires extérieurs.
Afin de structurer ces ambitions, une visite officielle du gouverneur de la BEAC auprès de son homologue de la Banque populaire de Chine est envisagée. Cette démarche marque une étape vers un possible réalignement stratégique des relations financières sino-centrafricaines. Ce rapprochement avec Huawei et les autorités monétaires chinoises pourrait redessiner l’architecture financière de la zone CEMAC. Ce, à l’heure où la transformation numérique devient un levier clé de stabilité et de compétitivité.



