La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a dégagé un bénéfice de 588 milliards de FCFA en 2025, en recul de 14 % par rapport au niveau record de l’année précédente. Malgré cette contraction de la rentabilité, liée notamment à la hausse des charges d’exploitation et au repli des revenus de change, l’institut d’émission de l’UEMOA affiche un bilan en expansion de 24 %, des réserves d’or en hausse de 44 % et des fonds propres renforcés de 27 %, confirmant la solidité de sa position financière.
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a enregistré un bénéfice net de 588 milliards de FCFA (1,06 milliard de dollars) au titre de l’exercice 2025, en baisse de 14 % par rapport aux 686 milliards de FCFA dégagés en 2024, selon les états financiers audités de l’institution monétaire commune aux huit pays de l’UEMOA. Cette contraction de 98 milliards de FCFA intervient après trois années de progression continue des résultats. Le bénéfice était passé de 125,3 milliards de FCFA en 2022 à 315,6 milliards en 2023, avant d’atteindre un niveau record de 686 milliards en 2024.
La baisse du résultat s’explique principalement par l’augmentation des charges d’exploitation. Les coûts liés à l’entretien de la circulation fiduciaire ont progressé de 31 %, atteignant 64,4 milliards de FCFA contre 49,1 milliards un an plus tôt. Les frais généraux se sont établis à 148,3 milliards de FCFA, contre 140,2 milliards en 2024. Les autres charges ordinaires ont fortement augmenté, passant de 25 millions à 4,9 milliards de FCFA. Au total, les charges d’exploitation générales ont atteint 240,6 milliards de FCFA, en hausse de 12,3 milliards sur un an.
Cette dégradation du résultat intervient alors que le bilan de la Banque centrale a connu une expansion remarquable. Le total de bilan s’est établi à 40 595 milliards de FCFA à fin 2025, contre 32 713 milliards un an auparavant, soit une progression de 24 %. Les avoirs en or ont bondi de 44 %, atteignant 3 640 milliards de FCFA contre 2 532 milliards en 2024, reflétant à la fois la valorisation du métal précieux et le renforcement des actifs de réserve de l’institution.
Dans le même temps, les créances sur les établissements de crédit ont reculé de 11 %, à 8 356 milliards de FCFA contre 9 436 milliards un an auparavant. Les créances sur les Trésors nationaux des États membres ont également diminué de 24 %, s’établissant à 2 687 milliards de FCFA contre 3 538 milliards en 2024.
Côté passif, les billets et monnaies en circulation ont progressé de 20 % pour atteindre 16 469 milliards de FCFA, illustrant la poursuite de l’expansion monétaire dans l’Union. Les comptes créditeurs et dépôts ont quant à eux enregistré une hausse de 49 %, à 9 817 milliards de FCFA contre 6 605 milliards un an plus tôt. Sur le plan de l’activité bancaire, le résultat net d’intérêts a légèrement progressé de 3 %, à 701 milliards de FCFA, tandis que le résultat net des commissions a également augmenté de 3 %, à 101,4 milliards de FCFA.
En revanche, le résultat net de change s’est fortement contracté, passant de 62,4 milliards de FCFA en 2024 à 30 milliards de FCFA en 2025, soit un recul de près de 52 %. Cette baisse constitue l’un des principaux facteurs expliquant le repli du produit net bancaire. Le produit net bancaire de la BCEAO s’est ainsi établi à 813 milliards de FCFA contre 897 milliards un an plus tôt, soit une diminution de 9 %.
Malgré cette érosion de la rentabilité, la solidité financière de l’institution continue de se renforcer. Les capitaux propres ont progressé de 27 %, atteignant 6 316 milliards de FCFA à fin 2025 contre 4 963 milliards un an auparavant, confortant davantage la capacité de la Banque centrale à absorber les chocs et à accompagner les besoins de financement de l’économie régionale.



