Au lendemain des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), tenues à Brazzaville du 25 au 29 mai 2026 et marquées par l’adhésion des gouverneurs à sa vision stratégique, le président Sidi Ould Tah a annoncé une refonte en profondeur de l’organigramme de l’institution. Dans un message adressé au personnel, il dévoile une série de réformes destinées à rendre la Banque plus agile, plus décentralisée et davantage tournée vers l’exécution.
Le signal est clair : la BAD veut gagner en agilité. Fort du soutien obtenu auprès des gouverneurs lors des Assemblées annuelles clôturées le 29 mai à Brazzaville, Sidi Ould Tah entend traduire rapidement dans les faits les quatre priorités qu’il a présentées pour son mandat : mobilisation massive des ressources pour le développement de l’Afrique, réforme de l’architecture financière africaine, valorisation du dividende démographique et développement d’infrastructures résilientes.
La réforme la plus visible concerne l’état-major de la Banque. Pour la première fois, deux postes de Managing Directors seront créés afin d’assurer la coordination entre la présidence et les vice-présidences. Une innovation qui rapproche davantage la BAD des standards organisationnels des grandes banques multilatérales de développement. Le président annonce également une rationalisation de la structure hiérarchique. Les effectifs de direction seront réduits tandis que les fonctions d’encadrement et d’exécution seront réorganisées afin de mieux répondre aux priorités opérationnelles du Groupe.
Autre changement majeur : les cinq directions régionales actuelles laisseront place à huit plateformes régionales, organisées selon une logique fonctionnelle dépassant les seuls critères géographiques. Cette évolution s’accompagnera d’un transfert accru de responsabilités vers les bureaux régionaux, les représentations pays et les bureaux de liaison. « Désormais, tout ne sera plus décidé au siège de l’institution à Abidjan », indique Sidi Ould Tah, répondant ainsi aux critiques récurrentes sur la lourdeur des procédures et la centralisation des décisions.
Le président se veut toutefois rassurant sur le volet social. Il affirme que cette transformation n’entraînera « aucune perte d’emploi » au sein de l’institution. La réforme passera plutôt par des redéploiements internes, des regroupements de départements, des ajustements organisationnels et des départs volontaires. Dans le même esprit, tous les postes de direction et d’encadrement feront l’objet de procédures de sélection ouvertes et transparentes, avec une forte incitation à la promotion des talents internes.
Cette réorganisation intervient dans un contexte particulier. Les gouverneurs ont non seulement apporté leur soutien à la vision du nouveau président, mais également validé plusieurs orientations stratégiques majeures, dont l’accélération de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) et le lancement du cycle de reconstitution du 17e Fonds africain de développement (FAD).
Au-delà d’un simple ajustement administratif, la réforme annoncée par Sidi Ould Tah marque une volonté de repositionner la BAD comme une institution davantage orientée vers l’exécution, la proximité avec les pays membres et la rapidité de décision. Une transformation qui pourrait redessiner durablement les équilibres internes de la première institution financière de développement du continent.



