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Bakou : les dirigeants africains plaident pour une prise en compte du capital naturel dans le calcul du PIB (COP29 )

Akinwumi Adesina, président de la BAD : « l’Afrique est écologiquement riche, mais financièrement pauvre ». Paul Kagamé, président du Rwanda : « Nous ne demandons pas la charité, mais que le monde paie pour quelque chose qui a une valeur énorme pour nous tous «  En marge de la 29e Conférence des Parties (COP29) qui se tient…

Akinwumi Adesina, président de la BAD : « l’Afrique est écologiquement riche, mais financièrement pauvre ».

Paul Kagamé, président du Rwanda : « Nous ne demandons pas la charité, mais que le monde paie pour quelque chose qui a une valeur énorme pour nous tous « 

En marge de la 29e Conférence des Parties (COP29) qui se tient à Bakou, capitale de l’ Azerbaïdjan, les chefs d’État africains ont lancé un appel pour une refonte du mode de calcul du produit intérieur brut (PIB) de leurs pays. L’objectif : inclure les actifs naturels du continent, estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars, dans la mesure de leur richesse économique. Dans une déclaration adoptée le 13 novembre, les dirigeants africains ont mis en lumière la contribution essentielle des écosystèmes du continent, notamment les forêts, qui jouent un rôle crucial dans la séquestration du carbone, la rétention d’eau et la fertilité des sols. Ces services écosystémiques, qualifiés de « biens publics mondiaux », sont actuellement négligés dans les comptes économiques traditionnels.

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a souligné que l’Afrique est « écologiquement riche, mais financièrement pauvre ». Il a dénoncé un « accaparement du carbone », où les crédits carbone africains sont sous-évalués et cédés à des prix dérisoires, entre 3 et 10 dollars la tonne, contre jusqu’à 200 dollars en Europe.

Le président rwandais Paul Kagamé a renforcé ce message en déclarant : « Nous ne demandons pas la charité, mais que le monde paie pour quelque chose qui a une valeur énorme pour nous tous. » Ce point de vue a été partagé par Denis Sassou-N’Guesso (Congo) et William Ruto (Kenya), qui ont souligné que valoriser le capital naturel africain pourrait débloquer des financements pour des projets structurants et même améliorer les notations de crédit des pays africains.

Selon un rapport publié par la BAD, le PIB africain de 2018, estimé à 2 500 milliards de dollars, était presque trois fois inférieur à la valeur de son capital naturel, évaluée à 6 200 milliards de dollars. En intégrant uniquement la séquestration du carbone, le PIB nominal du continent aurait pu augmenter de 66,1 milliards de dollars en 2022, un chiffre supérieur au PIB combiné de 42 pays africains.

Pour pallier cette injustice économique, les dirigeants africains ont annoncé leur intention de collaborer avec d’autres régions, comme l’Amérique latine et l’Asie, afin de bâtir une alliance mondiale visant à intégrer le capital naturel dans le calcul du PIB. Un rapport détaillé sur cette initiative sera présenté au sommet de l’Union africaine en 2025 pour adoption.

Cette démarche marque un tournant pour l’Afrique, qui revendique une reconnaissance de son rôle vital dans la lutte contre les changements climatiques et aspire à une redistribution équitable des ressources financières liées à ses contributions écologiques. En réformant le calcul du PIB, les dirigeants africains posent les bases d’une économie plus durable et d’une meilleure souveraineté sur les richesses naturelles du continent.

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