À la faveur de la hausse des cours de l’or et d’un renforcement des entrées de devises, les réserves de change du Zimbabwe dépassent désormais 1,2 milliard de dollars, selon le président Emmerson Mnangagwa. Lors des célébrations du 46e anniversaire de l’indépendance, le 18 avril 2026, le chef de l’État a estimé que cette progression reflétait une amélioration du cadre macroéconomique, dans un contexte de réformes monétaires et budgétaires.
Des réserves en hausse, portées par le secteur aurifère
Dans son allocution, Emmerson Mnangagwa a indiqué que les réserves en devises s’établissaient à plus de 1,2 milliard USD, en soulignant le rôle du secteur aurifère dans cette évolution. De son côté, le gouverneur de la Reserve Bank of Zimbabwe avait déclaré fin 2025 que les réserves — composées notamment d’or, d’autres minerais précieux, de dépôts en devises et de liquidités — avaient atteint 1,1 milliard USD en décembre, contre 276 millions USD en avril 2024, soit l’équivalent d’environ 1,2 mois d’importations.
Le président zimbabwéen a également mis en avant la progression des entrées de devises, qu’il a chiffrées à plus de 16 milliards USD, provenant principalement des exportations d’or, de tabac, de métaux du groupe du platine et des transferts de la diaspora.
Inflation : la baisse se confirme
Sur le front des prix, l’inflation annuelle mesurée en dollars zimbabwéens adossés à l’or (ZWG) s’est établie à 4,1 % en janvier 2026, contre 15,0 % en décembre 2025, selon l’agence nationale de statistique ZimStat. La baisse est donc de 10,9 points de pourcentage, et non de 10,9 %. Le taux d’inflation mensuel est, lui, ressorti à 0,0 % en janvier.
Cette détente inflationniste s’inscrit dans la stratégie de stabilisation autour du ZiG, la monnaie introduite en avril 2024 et adossée en partie aux réserves de change, principalement en or. La banque centrale a indiqué vouloir poursuivre en 2026 ses achats stratégiques de minerais afin de consolider ce dispositif.
Croissance et agriculture : des signaux favorables, mais des fragilités persistantes
Les autorités mettent en avant une trajectoire de croissance soutenue par l’agriculture, les cours élevés de l’or et les transferts de la diaspora. Selon une synthèse d’Ecofin Agency reprenant l’analyse du FMI, la croissance du Zimbabwe est attendue à 6 % en 2025 avant un ralentissement à 4,6 % en 2026. Il convient donc d’attribuer clairement ces projections et d’éviter de présenter le chiffre de 6 % comme une estimation pour 2026.
Sur le plan agricole, le gouvernement zimbabwéen anticipe une production de maïs de 2,35 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026, contre 2,29 millions la saison précédente. La production céréalière totale — maïs et petites céréales traditionnelles — est estimée à 2,74 millions de tonnes, dont 390 272 tonnes de céréales traditionnelles. Ces niveaux suggèrent un excédent en maïs, même si la vulnérabilité du secteur aux aléas climatiques reste forte.
L’or, pilier de la stratégie externe
L’or demeure au cœur de la stratégie macrofinancière du pays. La banque centrale s’appuie sur les achats de métal jaune, les redevances minières payées en partie en nature et les recettes d’exportation pour étoffer les réserves et soutenir la stabilité du ZiG. Cette orientation traduit la volonté des autorités de renforcer progressivement la crédibilité de la monnaie nationale tout en améliorant la résilience extérieure du pays.



