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Au Nigéria, la finance islamique poursuivra sa trajectoire de croissance grâce aux émissions de sukuk (Fitch Ratings)

L’agence de notation financière internationale, Fitch Ratings, a annoncé mercredi 25 janvier que le secteur de la finance islamique nigériane va poursuivre sa trajectoire de croissance entre 2023 et 2024. Ceci grâce à l’action du gouvernement qui émettra des sukuk avec une politique d’impulsion à la clé. Cependant, l’agence note que cette action sera efficace…

L’agence de notation financière internationale, Fitch Ratings, a annoncé mercredi 25 janvier que le secteur de la finance islamique nigériane va poursuivre sa trajectoire de croissance entre 2023 et 2024. Ceci grâce à l’action du gouvernement qui émettra des sukuk avec une politique d’impulsion à la clé. Cependant, l’agence note que cette action sera efficace que dans le moyen terme.

Fitch indique en effet que la finance islamique gagne du terrain dans le pays qui abrite le plus grand marché de sukuk en Afrique avec une émission en circulation de 755,5 milliards NGN (1,6 milliard USD). Les banques sans intérêts (banques islamiques), souligne-t-elle, connaissent également une croissance rapide grâce surtout à une forte poussée de financement, une base de capital croissante et des exigences prudentielles.

L’agence de notation américaine a identifié deux faiblesses majeures de la finance islamique nigériane à savoir une empreinte bancaire islamique limitée et une faible sensibilisation du public aux produits islamiques.

Selon les statistiques publiées par Fitch, la taille de l’industrie financière islamique nigériane est estimée à 2,9 milliards USD à fin 2022. Sur ce montant global, les sukuk en circulation se taillent la part du lion avec un taux de 57 %. Ils sont suivis par les des banques islamiques avec 42 % (actifs totaux). Et les 1% restants représentent les fonds (actif total) et takaful (contributions totales).

La finance islamique a un potentiel énorme dans le long terme au Nigéria car le pays a la plus grande population musulmane d’Afrique avec une majorité des personnes non bancarisées, a-t-elle ajouté.

Des exigences prudentielles plus favorables pour soutenir la croissance des banques islamiques

Fitch a soutenu que la Banque centrale du Nigeria (CBN) a pris un certain nombre de mesures pour booster la croissance des banques islamiques dans le pays. Dans cette optique, l’institut d’émission a fixé un ratio de liquidité réglementaire pour les banques islamiques (10%) bien inférieur à celui des banques conventionnelles (30%).

La CBN accorde également aux banques islamiques un « facteur alpha » de 50% qui est une décote dans le calcul des actifs pondérés en fonction des risques, mais aucune pour les banques conventionnelles. Une mesure qui vise à augmenter considérablement les ratios de fonds propres des banques islamiques. Et qui devra permettre également à ces institutions financières de conquérir des parts de marché avec moins de contraintes de capital sur la croissance.

Tableau de bord

Fitch a évalué, dans son rapport, les principales activités du marché financier islamique nigérian et les décisions prises pour l’exercice 2022. Elle relève que le gouvernement fédéral du Nigéria a émis des sukuk de sept ans pour un montant de 130 milliards NGN (282 millions USD) en 2022. Ce qui représente sa cinquième émission depuis 2017.

Pour sa part, Taj Bank Limited a également lancé un programme de mudaraba sukuk de 100 milliards de NGN (222 millions de dollars) en 2022 pour lever des capitaux de niveau 2.

Concernant les actifs bancaires islamiques, ils ont augmenté de 71 % en glissement annuel au premier semestre de 2022. La collecte des dépôts des banques islamiques était limitée avec une part de 0,4 % des dépôts de l’industrie, tandis que la part de financement était plus élevée à 0,7 % des prêts de l’industrie.

Par ailleurs, Fitch note que la Securities and Exchange Commission (SEC) vise à faire du Nigéria une plaque tournante en Afrique pour les produits du marché des capitaux islamiques. Une initiative qui entre dans le cadre du « Plan révisé 2021-2025 » du gouvernement. La SEC vise 50 cotations de produits conformes à la charia avec une capitalisation boursière d’au moins 5000 milliards de NGN (11 milliards de dollars) d’ici 2025.

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