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Assurance : Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu prend les rênes de la CIMA

Un nouveau cycle s’ouvre à la tête de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA). Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu prendra officiellement ses fonctions de secrétaire général le 1er avril 2026 à Libreville, succédant à son compatriote Blaise Abel Ezo’o Engolo, en poste depuis 2021. Sa nomination, présentée aux opérateurs du secteur le 12 mars à…

Un nouveau cycle s’ouvre à la tête de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA). Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu prendra officiellement ses fonctions de secrétaire général le 1er avril 2026 à Libreville, succédant à son compatriote Blaise Abel Ezo’o Engolo, en poste depuis 2021. Sa nomination, présentée aux opérateurs du secteur le 12 mars à Douala lors d’une rencontre avec l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC), consacre un profil technicien issu du sérail réglementaire. Avant cette promotion, Kouaghu Tchuisseu évoluait au sein de la direction nationale des assurances du ministère camerounais des Finances, où il a gravi les échelons, de chargé d’études assistant à chef de l’inspection des assurances et des affaires connexes.

À la tête de cette institution communautaire, véritable colonne vertébrale du marché assurantiel dans quatorze pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, le nouveau patron hérite d’un chantier aussi vaste que stratégique. La CIMA encadre en effet les activités d’assurance dans un espace allant du Cameroun au Sénégal, en passant par la Côte d’Ivoire, le Gabon ou encore le Mali, soit un marché de près de 1 700 milliards de FCFA de chiffre d’affaires en 2022.

Mais derrière cette masse critique apparente, le secteur reste structurellement sous-développé. Le taux de pénétration de l’assurance plafonne autour de 1 %, très loin des standards internationaux : 11,3 % en Afrique du Sud, 3,9 % au Maroc, 2,2 % en Tunisie, ou encore 6,8 % à l’échelle mondiale. Une réalité qui rappelle que l’assurance demeure, dans l’espace CIMA, un produit encore marginal dans les arbitrages économiques des ménages comme des entreprises.

Dans ce contexte, les priorités du nouveau secrétaire général sont déjà tracées : renforcement de la discipline prudentielle, notamment sur les exigences de capital minimum, poursuite de l’assainissement du secteur et élargissement de la base assurantielle. Les leviers sont connus — digitalisation, micro-assurance, couverture des risques agricoles, éducation financière ou encore extension des assurances obligatoires — mais leur mise en œuvre reste le véritable test.

Car au-delà des textes, c’est bien la transformation d’un marché encore dominé par l’Afrique de l’Ouest — qui concentre près de 67 % du non-vie et plus de 78 % de la branche vie — qui se joue. Entre rigueur réglementaire et impératif d’inclusion, Éric Rochereau Kouaghu Tchuisseu devra trouver la ligne de crête.

Une équation classique dans la finance africaine : réguler sans étouffer, développer sans fragiliser.

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