L’arrestation inédite de 11 princes saoudiens dans la nuit du samedi à dimanche a provoqué des tensions dans le marché du pétrole. Les cours de l’or noir ont gagné plus de 3% alors que les informations indiquaient que le prince et milliardaire Al-Walid ben Talal, faisait partie des personnes interpellées.
Ces arrestations et limogeages sont intervenus quelques heures après la création, par décret royal, d’une commission anticorruption dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans et surnomé MBS. Quelque 1 200 comptes bancaires ont été gelés dans tout le royaume.
La purge anti-corruption qui concerne aussi des ministres, les chefs de la Garde nationale et des patrons de grands groupes est conduite en même temps que le lancement d’un vaste programme de modernisation et d’investissements dans les loisirs.
Nommé prince héritier en juin dernier, Mohamed Ben Salmane a aussi annoncé le divorce avec le rigorisme wahabite qui constituait l’idéologie officielle du royaume depuis 30 à 40 ans. L’élan progressiste du prince est illustré par la permission accordée aux femmes saoudiennes de pouvoir enfin conduire (dés septembre 2018).
Cette vague de réformes est accueilli avec circonspection par un marché financier qui y voit des manœuvres de succession dynastique (Le Roi Salman, 81 ans, devrait léguer le trône à son fils) et anticipe sur d’éventuels soubresauts politique.
Au lendemain de la purge, le baril de brent, référence européenne du pétrole, a pris 3,54 % à 64,27 dollars. Le WTI, référence américaine, a gagné 3,07 % à 57,35 dollars. Les cours ont atteint leur plus haut niveau depuis mi-2015. Mardi, les prix se stabilisaient, perdant 0,3 %. Mais l’interception, mardi, d‘un missile tiré depuis le Yemen le montre bien, l’équation MBS, qui combine une politique étrangère agressive et une politique intérieure audacieuse, est loin d’être simple.



