Starlink est un service d’internet par satellite développé par SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk, qui en reste la figure principale. En Namibie, son implantation a été rejetée après son refus d’accepter une participation locale de 51 %, une exigence qui vise à associer des acteurs nationaux au capital, à la gouvernance et aux retombées économiques du projet.
Par Rodrigue Fénelon Massala
Le projet d’expansion de Starlink en Afrique continue de rencontrer des obstacles réglementaires. Après des tensions déjà observées en Afrique du Sud, c’est désormais la Namibie qui oppose une fin de non-recevoir au fournisseur d’accès à Internet par satellite.
Au cœur du différend : la législation namibienne exige que les entreprises étrangères opérant dans certains secteurs stratégiques attribuent au moins 50 % de leurs parts à des actionnaires locaux. Cette politique vise à favoriser la participation nationale dans l’économie et à garantir que les retombées financières bénéficient en partie aux citoyens et investisseurs du pays.
Or, Starlink, filiale de SpaceX spécialisée dans l’Internet satellitaire, aurait refusé de se conformer à cette exigence. L’entreprise privilégie en effet un modèle de contrôle centralisé, ce qui lui permet de maintenir une gestion uniforme de ses opérations à l’échelle mondiale. Cette position, déjà source de frictions ailleurs, entre directement en contradiction avec les politiques de souveraineté économique défendues par certains États africains, à l’instar de la Namibie.
La décision des autorités namibiennes s’inscrit dans une tendance plus large sur le continent : plusieurs pays cherchent à encadrer plus strictement l’entrée des géants technologiques étrangers, notamment dans les secteurs liés aux télécommunications et aux données. En Afrique du Sud, des préoccupations similaires concernant la réglementation et l’inclusion économique avaient déjà ralenti les discussions avec Starlink.
Pour les observateurs, ce bras de fer met en lumière un enjeu majeur : concilier l’accès rapide aux technologies innovantes, comme l’Internet haut débit par satellite, crucial pour les zones rurales, avec la nécessité de protéger les intérêts économiques locaux.
Si Starlink reste déterminé à étendre sa couverture en Afrique, son succès dépendra largement de sa capacité à s’adapter aux réalités réglementaires et politiques propres à chaque pays. En attendant, des millions d’utilisateurs potentiels en Namibie devront patienter avant de bénéficier de cette technologie prometteuse.


