Créée en 1976 pour améliorer le taux de rétention de la réassurance, Africa Ré vient, en date du 30 mai 2018, de céder 8% de son capital à Allianz. Montant de la transaction, quelque 69 millions de dollars portant la part des investisseurs non africains au delà de 31%.
Cette intrusion du géant allemand dans la structure panafricaine de réassurance (Tout comme la BAD, Africa Ré est une émanation de l’OUA, ancêtre de l’Union Africaine) marque à notre sens un tournant.
L’ambition légitime de «capter» une grande part de la rétrocession sur le continent serait-elle donc trop coûteuse en capitaux?
Aussi, Allianz ouvre son tour de table, non pas aux compagnies d’assurance, aux fonds de pension et caisses de retraite d’un continent , mais à un groupe européen, certes présent sur le continent mais ne pouvant pas contribuer à l’objectif premier d’Allianz. Avec cette transaction, Allianz devient l’un des tout premiers actionnaires d’Africa Ré, qui voit une dilution continue de son africanité.
Pour rappel, Africa Ré est notamment détenu par 44 Etats africains (35%), 110 compagnies d’assurances et de réassurance africaines (34%), la BAD (8%) et des investisseurs non africains (23%). En 2017, le groupe affichait 622 millions d’euros de primes brutes souscrites pour un modeste bénéfice net de 73 millions d’euros.
Vu d’Allianz, cet investissement est une étape majeure dans la stratégie de croissance à long terme en Afrique, a déclaré Niran Peiris, membre du directoire du groupe, responsable des lignes réassurance pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Pour sa part, Corneille Karekezi, président d’Africa Ré se félicite d’une alliance à ses yeux bénéfiques.



