Le secteur automobile continue de susciter l’attention des plus hautes autorités algériennes. Après avoir confié la gestion de ce dossier stratégique au conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a, lors d’une rencontre avec la presse, abordé sans détour la situation de Renault Algérie, dont l’unité d’assemblage est à l’arrêt depuis cinq ans.
L’usine de Renault, inaugurée en novembre 2014, avait produit plusieurs modèles de la marque française (Clio IV, Symbol) ainsi que des véhicules Dacia (Sandero, Stepway). Toutefois, son faible taux d’intégration – inférieur à 5 % – a été sévèrement critiqué par le chef de l’État. « Renault pourra envisager une reprise de ses activités en Algérie à condition de relever significativement ce taux », a-t-il déclaré, posant ainsi une exigence claire pour tout retour du constructeur.
Le président Tebboune a également réaffirmé sa volonté de tourner la page des projets à « petites ambitions », citant en exemple les unités de gonflage de pneus mises en place entre 2014 et 2018, qu’il considère comme des « importations déguisées » ayant coûté cher au pays sans résultats tangibles.
Un nouveau cadre industriel pour une relance ambitieuse
En vertu de la nouvelle réglementation, les constructeurs doivent désormais atteindre des taux d’intégration locale progressifs : 10 % au bout de deux ans, 20 % après trois ans et 30 % au terme de la cinquième année. Un changement majeur par rapport à l’ancien cahier des charges, qui se basait sur des critères jugés obsolètes.
Depuis 2020, Renault Algérie Production a introduit plusieurs demandes d’agrément sans obtenir de réponse, malgré un investissement de 15 milliards de dinars pour adapter son infrastructure. Les responsables n’ont pas communiqué sur l’état d’avancement de ces travaux.
Le président a par ailleurs évoqué l’arrivée prochaine de grands constructeurs mondiaux, prêts à démarrer avec un taux d’intégration de 40 %, bien au-delà du minimum requis. Il a cité en exemple l’usine Fiat de Tafraoui (Oran), opérée par Stellantis, qui atteindra 35 % d’intégration locale en 2026 grâce à un écosystème de sous-traitants nationaux.
« Il ne s’agit pas de projets de prêt-à-porter, mais bien de projets industriels d’avenir », a-t-il conclu.



