Le golfe de Guinée a représenté 90% des actes de piraterie maritime mondiaux signalés en mer en 2019, avec 121 équipages capturés, en augmentation de 50%. La côte ouest-africaine est le troisième point chaud pour les pertes de navires, un niveau jamais enregistré par le passé, souligne le rapport annuel de l’assureur Allianz Global Corporate & Specialty.
En 2019, il y a eu 162 incidents de piraterie et de vol à main armée contre des navires dans le monde, contre 201 en 2018. Ceci malgré le récent succès de la lutte contre les pirates somaliens. Alors que le Golfe de Guinée connaît une montée exponentielle de la piraterie maritime, les côtés somaliennes n’ont enregitré aucun incident de piraterie en 2019, une tendance qui s’est poursuivie au début 2020. Cependant, les pirates somaliens ont toujours la capacité de mener des attaques dans le bassin somalien et dans l’océan Indien.
Un premier trimestre 2020 en hausse
Après une année 2019 active, la piraterie n’a pas cessé en 2020. En effet, 47 attaques ont été signalées au Bureau maritime international (IMB) au cours des trois premiers mois de l’année en cours contre 38 durant la même période l’année dernière, visant principalement des pétroliers, des porte-conteneurs et des vraquiers. Là aussi, le golfe de Guinée enregistre le plus grand nombre d’attaques (21) bien qu’il y ait eu également 5 navires arraisonnés dans le détroit de Singapour et plusieurs incidents de vol à main armée en Amérique latine.
En avril 2020, le porte-conteneurs battant pavillon portugais Tommi Ritscher est devenu le dernier navire attaqué par des pirates dans le golfe de Guinée. À l’ancrage de Cotonou, au Bénin, le navire de 4 785 EVP appartenant à Singapour a été arraisonné par des pirates et huit membres d’équipage ont été enlevés. L’incident fait suite à l’enlèvement de neuf membres d’équipage du pétrolier Alpine Penelope dans la même zone en février 2020.
A l’échelle mondiale, le piratage est pourtant en baisse, avec 41 grands navires perdus en 2019, soit une baisse de plus de 20% sur un an et de près de 70% sur une décennie.
L’impact du coronavirus
Selon Allianz, la crise des coronavirus pourrait mettre en péril les améliorations à long terme de la sécurité dans l’industrie du transport maritime pour 2020 et au-delà, à cause des conditions d’exploitation difficiles et d’une forte récession économique. Le coronavirus a frappé à un moment difficile pour l’industrie maritime alors qu’il cherche à réduire ses émissions, navigue sur des questions telles que le changement climatique, les risques politiques et le piratage, et traite des problèmes en cours tels que les incendies de navires », explique Baptiste Ossena, Global Product Leader Assurance coque de Allianz Global (AGCS). « Désormais, le secteur doit également opérer dans un monde très différent, avec les implications économiques et sanitaires incertaines de la pandémie ».



