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Afrique : une croissance à 4,2% en 2025, mais encore insuffisante pour transformer l’essai (BAD)

L’Afrique confirme sa résilience macroéconomique. Selon le rapport Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique – janvier 2026 de la Banque africaine de développement , la croissance du PIB réel du continent est estimée à 4,2% en 2025, contre 3,5% en 2024, soit un gain de +0,7 point de pourcentage. Une dynamique réelle mais encore jugée insuffisante pour enclencher une réduction…

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L’Afrique confirme sa résilience macroéconomique. Selon le rapport Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique – janvier 2026 de la Banque africaine de développement , la croissance du PIB réel du continent est estimée à 4,2% en 2025, contre 3,5% en 2024, soit un gain de +0,7 point de pourcentage. Une dynamique réelle mais encore jugée insuffisante pour enclencher une réduction significative de la pauvreté à grande échelle.

Cette reprise est largement diffusée : 32 pays sur 54 enregistrent une amélioration de leur croissance, dont 22 affichent des taux supérieurs à 5%. Elle repose sur plusieurs leviers convergents : amélioration de la gestion macroéconomique, reflux progressif de l’inflation, conditions agricoles favorables et effet d’un dollar plus faible atténuant les chocs externes.

À moyen terme, les projections restent orientées à la hausse. Le PIB africain devrait progresser de 4,3% en 2026, puis 4,5% en 2027, soutenu par la consommation privée, l’assouplissement monétaire et une demande extérieure plus robuste. Le continent devrait ainsi abriter 12 des 20 économies les plus dynamiques au monde à l’horizon 2026.

Mais derrière cette moyenne continentale se cachent des écarts régionaux marqués.

L’Afrique de l’Est demeure le moteur du continent avec une croissance estimée à 6,4% en 2025, tirée notamment par l’Éthiopie (9,8%), le Rwanda (7,5%) et l’Ouganda (6,4%). L’Afrique de l’Ouest suit avec 4,7%, portée par le Sénégal (8,1%), le Niger (7,8%), la Guinée (7,2%), le Bénin (7,1%) et la Côte d’Ivoire (6,4%). En Afrique du Nord, la croissance rebondit à 4,1% après 2,7% en 2024, avec un pic en Libye (12,4%).

À l’inverse, l’Afrique centrale marque le pas à 3,9% en 2025, pénalisée par les économies pétrolières, tandis que l’Afrique australe reste la région la moins dynamique avec 2,0%, freinée par des contraintes structurelles et énergétiques persistantes.

Sur le front macroéconomique, les signaux sont globalement favorables. L’inflation recule progressivement sous l’effet de la stabilisation des prix alimentaires et énergétiques, tandis que les positions budgétaires devraient s’améliorer avec le retour de la croissance et une meilleure mobilisation des recettes.

Mais les vulnérabilités restent élevées. Le rapport souligne le poids persistant de la dette, qui limite les marges budgétaires, ainsi que les risques liés aux tensions géopolitiques, à la volatilité financière mondiale et aux chocs climatiques. Le service de la dette continue de détourner des ressources au détriment des investissements productifs et sociaux.

En toile de fond, l’équation reste inchangée : transformer une croissance robuste mais encore fragile en développement inclusif. Pour la BAD, cela passe par un triptyque clair : mobilisation accrue des ressources domestiques, investissement massif dans les infrastructures productives et accélération de l’intégration régionale via la ZLECAf.

L’Afrique confirme son statut de « frontière de croissance » mondiale. Mais à 4,2%, elle reste encore en deçà du seuil critique nécessaire pour changer structurellement la trajectoire du continent.

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