La société de recherche et d’analyse de données Briter Intelligence a publié, le 20 janvier 2026, son rapport intitulé « Africa Investment Report 2025 », offrant une analyse approfondie du financement par capital-risque, de la dynamique des secteurs et du comportement des investisseurs à travers le continent. En 2025, renseigne le document, le volume total de financement déclaré pour les entreprises africaines s’est élevé à 3,8 milliards de dollars, soit une augmentation de 32 % par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre de transactions annoncées a progressé de 8 %. Ce rapport s’appuie sur les données issues des activités d’investissement déclarées en Afrique et fournit un panorama détaillé des tendances qui ont marqué l’année 2025.
Il met en évidence plusieurs tendances : une concentration des capitaux sur des transactions moins nombreuses mais de plus grande envergure, un rôle croissant de la dette et du financement adossé à des actifs, ainsi qu’une évolution sectorielle dépassant le seul domaine de la fintech. Parallèlement, la base de capitaux externes se diversifie avec un engagement renforcé de l’Asie et des États du Golfe, tandis que le vivier d’investisseurs locaux continue de se développer.
Les « Big 4 » concentrent la majeure partie des fonds : Afrique du Sud (32 %), Kenya (29 %), Égypte (15 %) et Nigéria (8 %). La fintech et les services financiers numériques restent le secteur le plus financé, mais les solutions climatiques ont connu la plus forte croissance, avec des montants levés trois fois supérieurs à 2024. L’énergie solaire domine en matière de financement, reflétant l’intérêt des investisseurs pour des infrastructures propres à rendement prévisible. L’intelligence artificielle représente désormais 15 % des transactions, bien que la R&D approfondie reste limitée.
Le rapport souligne également des inégalités structurelles, le capital de croissance étant concentré tandis que le financement des startups et de la phase intermédiaire demeure fragmenté. Les fusions et acquisitions restent majoritairement inter-startups, et la taille moyenne des transactions, hors méga-transactions, atteint son plus haut niveau depuis 2018. Les fonds propres dominent les instruments financiers, la dette ayant franchi le milliard de dollars pour la première fois.
Enfin, l’écart entre genres reste persistant, moins de 10 % des fonds étant alloués à des entreprises avec au moins une femme fondatrice. L’édition 2025 de ce rapport annuel, la sixième, illustre l’évolution du capital-risque africain et l’émergence de nouveaux hubs d’investissement, tout en soulignant les défis structurels et d’inclusion qui subsistent.



