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Africa Forward Summit 2026 : António Guterres dénonce le  « pillage » des ressources africaines

À Nairobi, le 12 mai 2026 en marge du sommet Africa Forward Summit 2026, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a livré l’un des plaidoyers les plus offensifs de ces dernières années en faveur d’une refonte des rapports économiques entre l’Afrique et le reste du monde. Dans un discours à forte charge politique, le…

À Nairobi, le 12 mai 2026 en marge du sommet Africa Forward Summit 2026, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a livré l’un des plaidoyers les plus offensifs de ces dernières années en faveur d’une refonte des rapports économiques entre l’Afrique et le reste du monde. Dans un discours à forte charge politique, le patron des Nations Unies a dénoncé « un système mondial conçu sans l’Afrique », accusé de perpétuer des « injustices vieilles de plusieurs siècles ».

Face aux présidents William Ruto et Emmanuel Macron, António Guterres a salué le rôle moteur du continent dans la bataille pour la réforme de l’architecture financière internationale, du système de notation du crédit aux banques multilatérales de développement, en passant par la gouvernance fiscale mondiale. « L’Afrique n’attend pas. L’Afrique avance. L’Afrique montre la voie », a-t-il martelé, érigeant le continent en acteur central des mutations géopolitiques et climatiques du XXIe siècle.

Mais c’est surtout sur la question des ressources naturelles que le ton s’est durci. Devant un parterre de dirigeants africains et européens, le secrétaire général de l’ONU a dénoncé le modèle historique d’extraction des matières premières africaines au profit des économies étrangères.

« Depuis trop longtemps, le schéma est le même : les ressources de l’Afrique sont extraites, la valeur est captée ailleurs, et les dommages environnementaux restent sur place », a-t-il déclaré avant de lancer, dans une formule appelée à marquer le sommet : « Plus d’exploitation. Plus de pillage. Les peuples d’Afrique doivent être les premiers et principaux bénéficiaires des ressources de l’Afrique. »

Le discours intervient dans un contexte de compétition mondiale autour des minerais critiques indispensables à la transition énergétique — cobalt, lithium, manganèse, cuivre ou terres rares — dont l’Afrique détient une part stratégique des réserves mondiales. Guterres a plaidé pour des chaînes de valeur « équitables », avec transformation locale, industrialisation sur place, respect des normes environnementales et retombées directes pour les communautés africaines.

Au-delà des ressources minières, le chef de l’ONU a également pointé les déséquilibres du financement climatique. Alors que l’Afrique dispose de 60 % du meilleur potentiel solaire mondial, elle ne capte que 2 % des investissements mondiaux dans les énergies propres. « Ce n’est pas un verdict du marché sur l’Afrique. C’est un verdict sur les injustices du système », a-t-il insisté, dénonçant des coûts d’emprunt deux fois plus élevés que ceux des pays de l’OCDE.

Dans une séquence très politique, António Guterres a aussi plaidé pour un partenariat « d’égal à égal » entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, tournant le dos aux logiques paternalistes héritées de l’après-guerre. Il a appelé à investir dans les industries africaines, les universités africaines et les capacités africaines en intelligence artificielle, afin que « l’IA soit façonnée par les données africaines, les langues africaines, les chercheurs africains et le leadership africain ».

Ce discours de Nairobi marque une nouvelle étape dans l’affirmation d’un narratif africain plus souverain sur les questions financières, énergétiques et industrielles. Rarement un secrétaire général de l’ONU aura porté avec autant de force, devant les grandes puissances, la revendication d’un contrôle africain sur la richesse produite par son sous-sol.

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