Lors de la conférence de presse du 27 avril 2026, le président d’Afreximbank, George Elombi, a confirmé la solidité d’un modèle de croissance reposant quasi exclusivement sur les activités cœur de la banque. En 2025, 92 % des revenus proviennent du produit net d’intérêt, tandis que 9 % relèvent des commissions issues des instruments de financement du commerce, notamment les lettres de crédit et garanties. Aucun élément exceptionnel n’a contribué à la performance, validant la soutenabilité du modèle.
Face aux tensions géopolitiques et aux perturbations des flux commerciaux mondiaux, en particulier autour du détroit d’Ormuz, Afreximbank a déployé un programme de réponse de 10 milliards de dollars. Ce dispositif mobilise l’ensemble de son arsenal — lignes de liquidité, garanties, facilitation du commerce — avec un objectif immédiat : sécuriser les importations stratégiques et adapter les conditions de financement des économies africaines exposées à la hausse des coûts et aux exigences accrues des fournisseurs internationaux.
La stratégie portée par George Elombi s’inscrit dans une logique de transformation structurelle. La montée en puissance de l’exposition au secteur pétrole et gaz résulte d’un repositionnement vers le financement direct des capacités de raffinage sur le continent. Les engagements dans des projets structurants, notamment au Nigeria et en Angola, traduisent une volonté d’internaliser la chaîne de valeur énergétique et de réduire la dépendance aux importations de produits raffinés.
Dans le prolongement, une facilité de 3 milliards de dollars a été mise en place pour soutenir le commerce intra-africain des carburants. Le dispositif repose sur une intégration logistique : hub de stockage en Namibie, déploiement initial d’environ 550 camions-citernes et développement de corridors énergétiques via pipelines régionaux. L’objectif est de structurer un marché énergétique africain, réduire les coûts d’approvisionnement et améliorer la rapidité des flux, avec des délais de livraison intra-continentaux significativement raccourcis.
Sur le plan de l’impact économique, Afreximbank met en avant une approche ciblée sur les PME. L’institution combine financement, renforcement des capacités et mécanismes de supply chain finance afin d’améliorer la liquidité des entreprises locales, sécuriser les paiements des fournisseurs et soutenir la création d’emplois.
Concernant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), George Elombi souligne des avancées institutionnelles rapides, mais insiste sur les contraintes structurelles persistantes : insuffisance des infrastructures, déficit énergétique et faiblesse des chaînes de valeur régionales. Afreximbank mobilise ses instruments — PAPSS pour les paiements en monnaies locales, FEDA pour le capital patient, facilités de préparation de projets — afin d’accélérer l’opérationnalisation du marché unique africain.
Enfin, la crédibilité de la banque sur les marchés internationaux demeure intacte. En 2025, Afreximbank a levé 300 millions de dollars de fonds propres supplémentaires, soutenue par une stratégie active d’engagement avec les investisseurs en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, consolidant ainsi son accès aux marchés obligataires, au crédit syndiqué et aux capitaux propres.
Au total, l’intervention de George Elombi confirme une doctrine claire : discipline financière, industrialisation ciblée et intégration commerciale comme leviers de souveraineté économique pour le continent.



