Vendredi 18 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

, , ,

Affaire Snedaï : Hive Kouamé brise le silence et parle !!!

Propos recueillis par Rodrigue Fenelon Massala, Grand Reporter [Actualisé le 9 février 2026 à 09H15 GMT]. Présenté par la justice ivoirienne comme l’élément central d’un réseau obscur de détournement de 1,6 milliard de FCFA à la Société Nationale d’Édition de Documents Administratifs et d’Identification (SNEDAI), Hive Kouamé, ancien directeur financier du groupe, aujourd’hui en exil,…

Hive KOUAME : "Je prends la parole pour une raison simple : la vérité ne se défend pas en silence"

Propos recueillis par Rodrigue Fenelon Massala, Grand Reporter

[Actualisé le 9 février 2026 à 09H15 GMT]. Présenté par la justice ivoirienne comme l’élément central d’un réseau obscur de détournement de 1,6 milliard de FCFA à la Société Nationale d’Édition de Documents Administratifs et d’Identification (SNEDAI), Hive Kouamé, ancien directeur financier du groupe, aujourd’hui en exil, a répondu à nos questions dans la foulée du verdict rendu à Abidjan. L’homme a été condamné par défaut, le 3 février 2026, à une peine de 7 ans de prison et à une amende de 5,538 milliards de FCFA par le Tribunal du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF). Parallèlement, la société Porcelestone Group, utilisée comme société-écran, s’est vu infliger 8,395 milliards de FCFA d’amendes. Par ailleurs, la SNEDAI, qui s’était constituée partie civile, a obtenu gain de cause avec l’octroi de 1,678 milliard de FCFA à titre de réparation pour le préjudice subi.

Le DAF est, en outre, privé de ses droits civils et politiques pour trois ans, interdit d’exercer toute fonction publique et interdit d’émettre des chèques et d’utiliser des cartes de crédit pendant cinq ans. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre pour permettre son incarcération dès qu’il sera appréhendé. Dans le fond, l’affaire porte sur treize chèques émis par la SNEDAI au nom de Porcelestone Côte d’Ivoire, une entité légitime enregistrée dans ses bases. Ces fonds ont été détournés vers Porcelestone Group, une société-clone, sur une période de deux ans, sans alerte de la trésorerie ni de la direction. Un audit interne a révélé ces irrégularités, déclenchant l’enquête en juillet 2025, avec des réquisitions initiales du parquet pour sept ans ferme contre le DAF et son complice en fuite.

Le procès a suscité de nombreux commentaires dans les milieux d’affaires en raison, notamment, de quelques curiosités. Par exemple, le cas d’Opy Guy Roland, jugé alors que des informations faisaient état de son décès. Il faut le dire, la nature PEP (Personne Politiquement Exposée, c’est-à-dire un responsable public de premier plan bénéficiant d’une influence institutionnelle et d’un réseau de pouvoir étendu) du fondateur de la SNEDAI, Adama Bictogo, ancien président de l’Assemblée nationale, homme du sérail, a alourdi l’atmosphère de ce procès.

Entretien exclusif avec N’Da Hive  Kouamé

Monsieur Kouamé, avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous d’entrée de jeu vous présenter pour mieux situer nos lecteurs ?

Je m’appelle N’Da Hive Kouamé, ancien Directeur financier du groupe SNEDAÏ. Je suis un professionnel des chiffres. J’ai travaillé plus de dix ans au sein d’organisations exigeantes, avec un sens élevé de la rigueur, du contrôle et de la conformité. Je prends la parole aujourd’hui par devoir. Parce qu’il arrive un moment où le silence finit par déformer la vérité. Et parce qu’un principe tient : on ne détruit pas un homme pour éviter de regarder un système. Je respecte la décision rendue. Je conteste l’interprétation et le récit public qui en est fait. Je refuse que mon nom soit réduit à une version unique, sans que je puisse expliquer ce que j’ai vécu, ce que je sais, et ce que je peux démontrer. Je suis un père, un époux, un fils de la Côte d’Ivoire. Je suis venu apporter ma part de vérité .

Pourquoi décidez vous aujourd’hui de vous exprimer sur l’affaire Snedaï ? A quoi rime ce timing ? Et pourquoi n’avoir pas répondu aux convocations de la justice ivoirienne qui vous a jugé par défaut ?

Je prends la parole pour une raison simple : la vérité ne se défend pas en silence . C’est pour cela que j’ai choisi de m’exprimer dans les pages de Financial Afrik, après avoir décliné les demandes de divers médias. J’ai jugé qu’un journal africain de qualité tel que le vôtre serait le moyen idéal pour faire entendre ma vérité. Les conditions n’étaient pas réunies pour une réponse sereine et sécurisée à ce moment-là, et le silence a laissé s’installer une version des faits sans moi. Ma situation n’a jamais été celle d’un homme « en fuite » : au départ, mon déplacement devait être bref. Puis, en mon absence, le récit s’est inversé. Les intimidations et les menaces ont commencé. On m’a même clairement recommandé que, si je rentrais, ce serait « à mes risques et périls ». À ce moment-là, j’ai compris qu’on cherchait surtout un visage simple à présenter à l’opinion, plutôt que de traiter le fond.

Je rappelle aussi un élément essentiel, de bonne foi : dès 2022, j’ai donné l’alerte sur des mécanismes et des fonctionnements qui exposaient la direction et l’organisation à des risques majeurs. Mon statut de lanceur d’alerte, reconnu à l’international, s’inscrit dans cette continuité. Une affaire aussi grave mérite des faits, une chronologie et des documents, des éléments concrets qui permettent à chacun de se souvenir précisément de ce qui s’est passé.

Le dénouement judiciaire de l’affaire dit «  Snedai » a eu lieu, avec des peines infligées aux personnes impliquées, y compris vous-même, présenté par la justice ivoirienne comme l’élément central du réseau obscur de détournement établi.

Vous savez,  je respecte les institutions. Je réponds ici au récit public et je demande une vérification sur pièces. Moi je parle de ce groupe, des faits, des mécanismes, de l’architecture de la gouvernance et des bénéficiaires; et c’est de cela qu’il s’agit . Et pour cela, je conteste formellement l’image qui m’est attribuée sur les réseaux : celle d’un « principal acteur » d’un système opaque. Dans le débat public autour de cette affaire, j’ai constaté beaucoup d’incompréhensions et de zones non éclaircies. Et je le dis avec sobriété : il est difficile d’entendre certains se présenter comme victimes lorsqu’ils donnaient les orientations et les instructions, et qu’on me rappelait, à moi, que mon rôle était “de comptabiliser”, pas de remettre en cause le système ni d’en imposer un nouveau. C’est précisément pour cela que je demande qu’on revienne aux faits, aux pièces et à la chaîne réelle des décisions.

Vous savez, « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » C’est précisément pour cela que je demande une seule chose : qu’on regarde les faits, le mécanisme et les rôles. Je suis tenu par le secret professionnel. Je parle à cœur ouvert, mais je ne transformerai pas une interview en divulgation de documents internes. Ce serait contraire à l’éthique. En revanche, chacun peut se renseigner sur la gouvernance réelle du groupe : les décisions, les validations, les circuits, les signatures. Dans cette organisation de cette taille, je peux vous rassurer que les flux ne passent pas par une seule main. Ils passent par une chaîne. Une chaîne longue. Structurée. Verrouillée.

Parlant de ce groupe, je pose une question de bon sens : comment imaginer qu’un Directeur financier qui n’a pas accès aux comptes y compris aux comptes en ligne, qui ne peut ni valider ni émettre un chèque, ni confirmer un paiement, ni valider une facture, qui n’a pas la main sur la trésorerie ni sur les achats, et dont chaque acte passe par la hiérarchie et des circuits de validation internes, puisse, à lui seul, détourner des fonds ? Honnêtement, cette version ne correspond pas à la réalité opérationnelle. Elle invite plutôt à regarder ailleurs, honnêtement.

Mon rôle était encadré : production comptable, documents légaux, procédures. Mon pouvoir n’était pas celui d’un décideur final. Présenter l’inverse, puis amplifier cette version dans l’espace public, crée une lecture qui ne tient pas face à l’analyse des faits. Je dispose d’éléments précis qui, le moment venu, permettront de remettre chacun devant la réalité. Mais je garde une ligne de conduite : je ne diffuserai rien publiquement, par souci d’éthique et de responsabilité. Je m’en tiendrai à une démarche sobre : présenter la vérité dans le cadre approprié, sur pièces.

Vous savez, ce sujet dépasse un individu : il touche à une gouvernance et à des circuits de décision. Et je le dis avec conviction : dans ce genre d’organisation, on cherche souvent une explication simple un visage  plutôt que d’assumer la complexité réelle du système.

L’exercice est difficile, parce que je cherche les mots justes : parler sans ouvrir une boîte de Pandore, et sans exposer des personnes inutilement dans l’espace public. Mais le cœur du problème est là : ce dossier dépasse un individu. Il touche à une gouvernance et à des circuits de décision. Dans une crise, une organisation a souvent un réflexe : simplifier, choisir un nom, un visage, un “coupable lisible”. Moi, je refuse d’être ce visage si cela évite de remonter calmement la chaîne des responsabilités. Je le dis : on ne sacrifie pas un homme sur l’autel de luttes internes, ni sur l’autel d’ambitions de la gouvernance. La responsabilité ne se décrète pas dans un cercle fermé : elle se prouve.

Quand une affaire éclate, surtout après des choix de gouvernance discutables, la tentation est forte de chercher rapidement un visage. Or, une affaire de cette nature se règle sur des vérifications, pas sur des récits. Et je le dis : me tenir à distance, m’écraser en mon absence, c’est une séquence efficace du groupe qui a favorisé un récit univoque. Je le constate.

Vous êtes accusé d’avoir émis des chèques à des fournisseurs fictifs, d’avoir détourné environ 1,6 milliards de francs CFA, assorti d’une condamnation de sept ans et d’une amende de plusieurs milliards à verser à la société Snedaï, partie civile au procès. Quelle est votre réaction à ce jugement ?

C’est un choc. C’est une trahison. Dix années de ma vie données à une organisation : du travail, de la loyauté, des nuits, de la pression. Et au moment où l’on décide d’écarter celui qui dérange, celui qui empêche certains d’être en roue libre, une chose devrait rester : le respect  au minimum l’élégance. Elle n’a pas existé.

La chronologie parle d’elle-même. Après un départ qui s’est inscrit dans une séquence préparée par la gouvernance, le groupe recrute dans la foulée un remplaçant, débauché à l’extérieur pour soigner son image, comme souvent. Mais c’est un homme averti : il comprend vite. Il démissionne quelques mois plus tard, parce qu’il constate une culture d’entreprise où l’éthique, la responsabilité et même la continuité d’exploitation deviennent secondaires. Les pratiques de ce groupe n’ont pas changé avant et après mon départ, et je pourrai même rafraîchir les mémoires au moment voulu.

Et au-delà des fonctions, il y a l’humain. Les liens tissés étaient profonds : des liens de confiance, presque familiaux. Dans ce contexte, exposer celui qui a servi comme un fils pour certains, comme un frère pour d’autres, relève d’un niveau d’immoralité que chacun comprendra à sa manière. Je parle aussi d’un mécanisme. Un mécanisme très simple : enterrer « le sachant ». Enterrer celui qui connaît l’histoire, les circuits, les habitudes, les zones grises. D’une pierre, deux coups : on ferme une période, on évite les questions, on impose un récit, on se donne une posture de victime, et on gagne du temps. Pendant ce temps, on vit tranquillement.

Je pose un fait précis. En 2024, un proche influent de ce cercle a appelé mes parents et a dit, je cite : « Dans dix jours, on part chercher votre fils, où qu’il soit. » Il a justifié cela en affirmant que j’exposais publiquement une grande figure et le groupe. Quand votre famille reçoit ce genre de propos, vous comprenez tout de suite le climat : ça met une pression énorme, ça installe la peur, et ça vous maintient dans un stress permanent même quand vous savez que vous détenez les éléments. Je conserve les preuves de ces échanges et je les produirai au moment opportun.

Vous le savez : un paiement suit une chaîne claire— demande → validation → signature → exécution → encaissement → bénéficiaire. Dans un groupe de cette taille, cette chaîne est répartie, quotidienne, et implique plusieurs niveaux de validation et de contrôle. Elle laisse des traces. De mon point de vue, le débat public a parfois privilégié une lecture simplifiée.

Je demande qu’on me laisse m’exprimer au moment voulu. J’expliquerai pédagogiquement ce que recouvrent les notions brandies sur la place publique : « fournisseurs fictifs », « sociétés écrans », « mécanismes opaques ». Je suis prêt à parler des pratiques, avant et après mon départ, parce qu’une vérité comptable s’inscrit dans le temps.

Votre collègue comptable décédé dans un lit d’hôpital pendant le procès a été malgré tout condamné. Si nous devons parler de part de vérité dans cette histoire, quelle serait la vôtre ?

J’ai appris via les réseaux sociaux , le décès de Daniel Dominique Vimont, qui gérait l’entité MSD, et celui de Roland Opy, lié à Porcelastone Groupe. Je m’en tiens strictement à ce que je sais, sans interprétation. Beaucoup de choses circulent sur les réseaux, et je précise que ce ne sont pas des collègues. Ce que je peux dire, c’est que cette affaire contient de nombreux éléments qui, à mes yeux, posent question et méritent d’être examinés sérieusement, et que certaines personnes disposent des réponses, ce qui rend d’autant plus nécessaire une analyse rigoureuse sur pièces ; mais s’ils oublient, les documents permettront d’établir.

Et si ces disparitions sont avérées, qu’ils reposent en paix : Dieu saura juger chacun selon ses actes. Mais cette affaire rappelle une réalité humaine : dans certaines organisations et certains montages, certains salariés portent la signature, le risque et l’exposition, pendant que d’autres restent à distance et que certaines responsabilités demeurent à clarifier. C’est précisément pour cela que je demande une vérification sur pièces : décisions, validations, signatures, encaissements et bénéficiaires finaux  et que l’on cesse de présenter cela comme une simple “faille”. Je trouve cela invraisemblable. Je n’en dirai pas plus : à chacun de comprendre.

Selon votre ancien employeur Sendai, vous serez en fuite pour échapper à la justice. Que répondez-vous ? Qui vous a aidé à sortir du pays quand l’affaire a éclaté ?

Moi, je constate une campagne, et nous avons des retours. Beaucoup de personnes ne se reconnaissent plus dans la répétition des scandales, et ce qui se passe aujourd’hui dépasse la simple coïncidence : c’est visible, c’est structuré, c’est organisé. Sur les réseaux, je vois des messages relayés en boucle, des « activistes » mobilisés, et des communicants que je connais personnellement. Dans l’espace public, je constate une communication très structurée. Je dispose d’éléments et de retours sur certains relais. Je les réserverai au cadre approprié. Cette communication poursuit un objectif clair : salir mon nom, m’épuiser, me pousser au silence, me faire passer pour quelqu’un d’immoral. Je reste lucide : des informations circulent, des moyens sont engagés, et un récit est entretenu. Dans ce type d’affaire, le mécanisme est connu : on choisit un visage, on construit une version simple, et on en fait un bouc émissaire. Je parle sans dramatisation : certains préfèrent me savoir loin, parce qu’une parole documentée dérange et qu’une procédure contradictoire oblige à regarder les faits. Moi, je suis un homme éprouvé .

Quel rôle avez-vous joué dans l’émergence de l’empire Bictogo et compagnies ?

Mon rôle dans l’émergence du groupe est clair : un rôle de professionnel. J’ai servi comme homme de chiffres et d’exécution : structurer, produire, tenir les délais. J’ai fait des nuits de clôture, du reporting, appliqué des procédures, accompagné des équipes. Mon levier, c’était la méthode. Mon périmètre, c’était la comptabilité. Cette question met surtout en lumière une confusion fréquente : on attribue l’ascension d’un “empire” à ceux qui tiennent les tableaux, alors que l’orientation d’un groupe se décide au sommet par la gouvernance, les arbitrages et les priorités. Une culture d’entreprise se pilote et se diffuse par la hiérarchie. Et quand une crise éclate, l’opinion réclame souvent un visage ; l’organisation, elle, cherche parfois la solution la plus simple.

Quels sont vos rapports avec votre ancien patron et les membres de sa famille ?

Mes rapports avec mon ancien patron et sa famille ont été, pendant des années, des rapports de confiance et de travail. J’étais au cœur du dispositif comptable : dossiers urgents, clôtures, décisions à exécuter, arbitrages à traduire en chiffres. La relation dépassait parfois le cadre strictement professionnel : certains collègues et moi étions en contact régulier avec ma supérieure hiérarchique directe, le cercle le plus rapproché, y compris en dehors des locaux. Dans la pratique, les orientations venaient de cette hiérarchie : nous travaillions avec son accord et sa validation.

Au quotidien, je passais aussi l’essentiel de mon temps avec deux figures centrales de l’entourage dirigeant. Elles portaient une large part des instructions, des arbitrages, du rythme et de la pression. C’est la réalité opérationnelle d’un groupe structuré autour d’un noyau. Je m’arrête là par respect.

A vous entendre parler l’affaire Snedaï n’est qu’un écran de fumée, une affaire dans une affaire pour stopper les ambitions présidentielles de Adama Bictogo, l’ex président de l’Assemblée nationale et fondateur du groupe Snedaï n’est-ce pas?

 Je laisse la politique aux politiques. Ma place, c’est la réalité opérationnelle et la vérité des chiffres. Je suis un professionnel des comptes consolidés, des normes comptables et du lean accounting. Je parle d’un vécu, d’une loyauté, et d’un parcours. Pendant dix ans, j’ai été le comptable du groupe : partout, jour et nuit. Dans l’urgence, dans les crises, dans les décisions à traduire en chiffres. J’ai travaillé sous hiérarchie, sous procédures, avec l’idée simple qu’une parole donnée engage, et qu’une organisation assume ses responsabilités. J’ai considéré que certaines pratiques relevaient d’une culture interne, et que les décisions se prenaient là où elles doivent se prendre : au niveau de ceux qui arbitrent.

Aujourd’hui, les faits montrent une mécanique connue : quand une affaire devient sensible, une organisation cherche une sortie rapide et un récit lisible. Le plus exposé devient alors le plus facile à présenter.Je préfère en dire peu, par souci d’éthique et de respect. Et je pose une phrase simple : lorsqu’une organisation vous juge trop gênant, elle vous libère avec respect ; elle ne vous sacrifie pas.

Quel est votre mot de la fin qui clôturera cette entrevue que nous réalisons à cœur ouvert ?

Mes proches ont subi des intimidations. Je m’en tiens à ce constat. Dans cette interview, je cherche la vérité. Je parle parce que mon nom et ma réputation sont gravement mis en cause dans l’espace public. Je parle parce qu’en période de crise, une organisation cherche souvent une explication simple et un visage ; et je refuse d’être ce visage sans que les faits soient posés clairement. Chacun mérite de comprendre le fond de cette affaire.

Je termine avec un regret et un conseil, surtout pour les jeunes et pour tous ceux qui travaillent dans des environnements à risque, au contact de personnes et d’environnements complexes et  exposés : un salaire, un titre, une proximité avec l’influence exposent. Ce qui protège, ce sont des limites claires et la capacité à partir quand l’éthique se dégrade trop drastiquement, parce que parfois on pense avoir la capacité de changer et d’améliorer, mais on peut être des pions sans le savoir. Quand l’éthique s’effondre, c’est votre nom qui paie. Le courage le plus rare, parfois, c’est de partir à temps. Et je garde cette conviction : l’histoire est têtue.

Financial Afrik Premium