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Affaire Gunvor : la justice suisse enquête sur un contrat pétrolier d’environ un milliard USD conclu avec le Gabon

Selon un article de l’Organisation non gouvernementale (ONG) suisse Public Eye, paru le 2 juin 2026 sur son site web, « le siège genevois du négociant pétrolier Gunvor a été perquisitionné, en ce début de mois de juin, par les autorités suisses dans le cadre d’une enquête du ministère public de la Confédération pour soupçons de…

Selon un article de l’Organisation non gouvernementale (ONG) suisse Public Eye, paru le 2 juin 2026 sur son site web, « le siège genevois du négociant pétrolier Gunvor a été perquisitionné, en ce début de mois de juin, par les autorités suisses dans le cadre d’une enquête du ministère public de la Confédération pour soupçons de corruption d’agents publics étrangers ».

L’affaire concerne un méga-contrat pétrolier de 600 milliards de FCFA (environ 1 milliard USD) signé au Gabon en 2024, jugé opaque par l’ONG suisse Public Eye. Cette dernière évoque « un possible système de paiements parallèles destinés à rémunérer des intermédiaires en Afrique ».

« Évinçant ses concurrents Vitol et Trafigura, Gunvor avait accordé un prêt d’un milliard USD à la Gabon Oil Company (GOC) », peut-on lire dans cet article. Cette opération a permis à la compagnie pétrolière publique gabonaise d’acquérir, auprès du fonds étasunien Carlyle, les actifs d’aAssala Energy, l’un des principaux producteurs de pétrole au Gabon. Elle a ainsi pris le contrôle de ses six blocs pétroliers totalisant plus de 45.000 barils par jour, soit entre 20 et 25% de la production du pays. Ce financement a permis à la société publique gabonaise de racheter les actifs d’Assala Energy auprès du fonds Carlyle.

« En contrepartie de ce prêt remboursable sur 5 ans, Gunvor a obtenu l’exclusivité de la commercialisation du brut extrait de ces blocs, ainsi que celle des barils obtenus par la GOC en sa qualité d’actionnaire dans d’autres champs pétroliers (cost oil) », indique l’ONG dans son rapport d’enquête.

Le partenariat avait été salué au sommet de l’État gabonais. Notamment par le général Brice Clotaire Oligui Nguema qui avait décoré des cadres de Gunvor de l’Ordre national du Mérite gabonais.

Puis, la situation s’est tendue début 2025, lorsqu’un conseiller franco-marocain, Mohamed Dagdag, a réclamé « le paiement d’honoraires dépassant 13 millions USD ». Il se présente comme « un facilitateur clé de l’opération ».

Selon plusieurs documents consultés par Public Eye, « ce consultant aurait organisé des rencontres décisives avec des responsables gabonais. Il revendique un contrat prévoyant des success fees proportionnels aux investissements réalisés ». Certains frais auraient transité par une société tierce basée à Dubaï, spécialisée dans les services maritimes. « Un montage légal, mais jugé peu transparent par des spécialistes de la conformité », écrit l’ONG suisse.

Le négociant suisse rejette ces accusations, affirmant « ne pas être concerné directement par la procédure visant des personnes inconnues », et assure « coopérer avec la justice suisse ». Le groupe rappelle toutefois qu’il reste « présumé innocent » dans ce dossier.

« Nous ne pouvons pas commenter vos affirmations. Nous sommes fermement convaincus que vous interprétez mal les informations », poursuit Gunvor. Qui déclare « n’avoir constaté aucun acte de corruption ou de pots-de-vin en rapport avec l’opération Assala ».

Pour Gunvor, l’affaire tombe au pire moment.
Si les soupçons se confirment, le groupe pourrait s’exposer à de nouvelles sanctions et à un sérieux revers de crédibilité sur les marchés africains. L’on se souvient en effet que le négociant a déjà été condamné en 2019 et en 2024 pour défaut d’organisation lié à des faits de corruption en Afrique et en Amérique latine. Dans le cadre d’un accord judiciaire avec les États-Unis, il s’était engagé à renforcer drastiquement ses procédures de compliance.

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