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Finance africaine — depuis 2013

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Ade Ayeyemi, CEO d’Ecobank: «nous allons faire de Ecobank ce que les pères fondateurs ont voulu qu’elle soit dès le départ»

Ecobank a tenu son assemblée générale ordinaire le 24 avril 2018 à Lomé dans un contexte plutôt optimiste. Les principaux indicateurs  sont repassés au vert. La banque est passée d’une situation déficitaire en 2016 à un retour de bénéfices en 2017. Le résultat net est de 182 millions de dollars, approuvé en même temps que les…

Aux commandes d’Ecobank depuis l’e 1er septembre 2015, le nigérian Ade Ayeyemi , a amorcé un virage digital promoteur pour la plus panafricaine des banques africaines.

Ecobank a tenu son assemblée générale ordinaire le 24 avril 2018 à Lomé dans un contexte plutôt optimiste. Les principaux indicateurs  sont repassés au vert. La banque est passée d’une situation déficitaire en 2016 à un retour de bénéfices en 2017. Le résultat net est de 182 millions de dollars, approuvé en même temps que les comptes par un conseil d’administration à l’unisson avec les actionnaires. De mémoire d’analyste, la banque panafricaine aura vécu ce jour-là la plus courte assemblée générale ordinaire de son histoire. Les progrès significatifs enregistrés dans la plupart des marchés sont passés par là..

Mais rien n’est encore acquis. Architecte de la dynamique actuelle, le nigérian Ade Ayeyemi le sait, la banque sise Boulevard Mono à Lomé qui a réduit son coefficient d’exploitation en ramenant ses effectifs à
15 930 (dont 44% de femmes ) et fermé
de nombreuses agences dont 75 au Nigeria, doit encore progresser et améliorer ses ratios de rentabilité. Financial Afrik l’a rencontré pour un entretien exclusif.

 

Vous êtes directeur général d’Ecobank depuis septembre 2015. Quels sont les principaux défis que vous avez eu à relever depuis ?

En effet, j’ai pris fonction en septembre 2015. Nous avons eu à faire face à des défis mais aussi à des opportunités. Il est important de reconnaître que les pères fondateurs de cette grande institution ainsi que ceux qui m’ont précédé sur ce fauteuil ont eu une grande vision de mettre sur place cette plateforme bancaire et fnancière qui dessert des millions de clients et plusieurs pays.
Cela nous donne l’occasion de mettre en place des approches pour toucher plus de clients à travers notamment le digital. Le défi consistait surtout en un portefeuille qu’il fallait assainir et qui demandait de ce fait beaucoup de travail. Mais nous nous concentrons surtout sur les opportunités. C’est dans ce cadre que nous avons lancé cette stratégie digitale de grande envergure «un compte, un téléphone » qui nous permet de nous déployer sur tous les pays où nous sommes présents.
La qualité de nos collaborateurs et partenaires que nous apprécions énormément compte pour beaucoup dans cette stratégie.

Comment Ecobank a t-elle pu faire la transition de la banque classique à la banque digitale ? Quels sont les principaux résultats atteints grâce à la digitalisation ?

Notre capacité à fournir des services de qualité à travers toutes nos fliales requiert de nous une parfaite synchronisation. Pour cela, la technologie est nécessaire. Grâce aux innovations introduites dans la plateforme, nos clients peuvent accéder à nos services de là où ils sont et, par conséquent, n’auront pas à se déplacer pour nous trouver là où nous sommes.
Les résultats atteints, pour répondre à votre question, sont impressionnants. La stratégie digitale a été lancée en octobre 2016. Une année plus tard, nous comptions déjà 1 million de clients. En janvier 2018, nous étions à 2 millions de clients. Au moment où nous parlons, nous avons dépassé la barre des 5 millions. Au delà de ces chiffres, la digitalisation améliore le système d’information au sein de l’organisation.
Les informations s’obtiennent d’un clic, ce qui permet aux équipes d’optimiser leurs réunions.

Ecobank est dans 34 pays. Quand allons-nous célébrer l’arrivée de la banque panafricaine au Maghreb et en Afrique du Sud?

Notre approche en Afrique du Sud est différente car fondée sur le partenariat avec Nedbank. Notre approche avec l’Afrique du Nord est aussi différente, reposant sur le partenariat avec QNB. Tout dépend de l’environnement. En Afrique de l’Ouest, on n’effectue pas normalement de longues distances, contrairement à l’Afrique de l’Est. Nous sommes présent en force dans le Middle Africa, et prolongeons cette présence par des partenariats solides dans le reste du continent et, au delà, par nos bureaux à Paris, Londres, Dubaï et Chine.

Sur le Middle Africa, pouvez-vous vraiment devenir la banque leader dans un pays comme la Côte d’Ivoire?

C’est ce que j’ai dit en décembre 2015 quand j’étais en visite dans le pays. Plus les distances sont courtes, plus notre rythme de progression est élevé. Nous avons le droit d’être leader en Côte d’Ivoire, car nous sommes en Afrique et c’est l’un des pays où nous sommes nés.

Le Nigeria est votre première filiale. Est-ce votre première source de profit ou votre première source de créances en souffrance ?

A vrai dire, je n’aime pas cette approche d’analyse par pays. En février 2011, si vous vous souvenez, toutes les banques avaient fermé en Côte d’Ivoire. En ce moment, tout allait peut être bien au Ghana ou au Nigeria. Je pense que la banque Ecobank est créée pour nous décloisonner et aller vers une perspective africaine fondée sur la mise en valeur de nos potentialités. Comme vous le voyez, nous enregistrons de nettes améliorations. J’en suis persuadé, nous allons faire de Ecobank ce que les pères fondateurs ont voulu qu’elle soit dès le départ, une banque au service de l’intégration et du développement de l’Afrique.

En dépit de ces résultats, le cours d’Ecobank est plutôt baissier à la BRVM d’Abidjan, à Accra et à Lagos ?

Le marché est le marché, obéissant à ses dynamiques propres et à ses logiques. Notre rôle est de développer une banque solide basée sur une bonne gouvernance, des fondamentaux solides et des revenus. La reconnaissance viendra au bout de l’effort. Par exemple, Ecobank Côte d’Ivoire présente une capitalisation de 500 millions de dollars.
La banque pèse à peine 10% des actifs du groupe. Alors sur cette base, quelle devrait être la capitalisation de la banque? Je laisse cette question à vous journalistes et aux analystes fnanciers. Ajoutez les capitalisations boursières d’Ecobank Ghana et d’Ecobank Côte d’Ivoire et faites la même comparaison.

Ma dernière question concerne le dividende qui reste, à mon avis, la meilleure information fnancière sur un actif coté. Or vous n’en avez pas payé cette année ?

Nous avons des objectifs clairs soutenus par nos actionnaires et nos clients. Le dividende n’est pas le seul indicateur de la bonne santé fnancière. Il y a d’autres indicateurs tout aussi pertinents. Payer le dividende quand vous êtes prêt est une décision responsable. Aussi bien le conseil d’administration et les actionnaires sont d’accord sur les décisions prises. Nous renforçons la banque et nous allons continuer à progresser pour payer des dividendes sur des bases solides.

 

Entretien réalisé par
Adama Wade

Financial Afrik Premium